.:.Chronique.:.

Pochette

Reuter, Markus

Todmorden 513

[Hyperfunction / Iapetus::2011]

Markus Reuter prévient d'emblée. Todmorden 513 «est un travail complexe de composition algorithmique d'une durée d'une heure». On ne reviendra pas sur le processus même de la construction de ce disque pour ne pas risquer d'alourdir le propos et puis à part ce que nous déclare Reuter nous n'avons pas assez de données, de toute façon, pour vous l'expliquer. Seul, donc, le résultat va compter. Une composition algorithmique. Nous l'avions déjà vu avec Impossible Music de Michael Peters, le label Hyperfunction (dont Markus Reuter est le fondateur avec Peters) s'est spécialisé dans ce mode de fonctionnement et de recherches sonores et mélodiques. Todmorden 513 qui fait référence à la mort mais aussi à une petite ville de l'Angleterre non loin de Manchester. Le nombre 513 résulte de la quantité d'harmonies et de triades qui s'incarnent dans une continuité de mouvements et de séquences. Si Markus Reuter est à la base un guitariste il interviendra ici naturellement avec son instrument de prédilection mais aussi au glockenspiel, synthétiseur, organ et autre éléments électroniques. Pour autant il s'est aussi entouré de musiciens classiques qui interviennent à la guitare, au violon, au violoncelle, à l'alto.

Il en résulte un album composé de huit pièces lancinantes, étirées à la forme abstraite qui ne sont pas avares de répétitions mais qui ne restent pas figées pour autant. En effet, on constate une évolution, un mouvement, lent, diffus, qui ne semble pas avoir de limite que ce soit de temps ou d'espaces. Nous ne sommes pas si loin de la musique contemporaine. On peut même parler de néo contemporain ou de musique post-moderne. En tout cas nous sommes en plein dans l'avant-gardisme et Markus Reuter avance comme un électron libre, patiemment, sans précipitation aucune. Ceci dit on dénote ici une certaine souplesse dans la démarche de Reuter. Nous ne sommes pas au niveau d'un Dusapin, d'un Ligeti ou d'un Penderecki dont les approches sont autrement plus difficiles et s'adressent à un public aguerri. Ici, sans être un spécialiste, on peut apprécier les volutes abstraites de l'autrichien et se laisser porter par ses amples mouvements. Todmorden 513 est donc un disque ouvert qui a ce mérite de rendre accessible une musique qui, de prime abord, semblait des plus complexe.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 01-08-2011

A voir également :

http://www.myspace.com/markusreuter

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