.:.Chronique.:.

Pochette

D'Incise

Rivages sur l'antipode

[Ini.itu::2010]

|01 Cérémonie des voutes|02 Feuilleter les sphères|03 Entre ciment et terre|04 L'antépénultième déluge|05 Plages vergognes sans brise|06 Les barrières troubles|07 Humidité|08 Se déplacer entre les adverbes|

Laurent Peter, comme beaucoup de sculpteur sonore, est impliqué dans plein de projets différents. Celui-ci l'occupe depuis 2002 et il a sorti sous ce nom une bonne dizaine d'albums et une belle poignée d'ep. Ceci dit on l'a aussi rencontré sous le pseudo Youthman Steppa mais aussi avec les formations Diatribes avec Cyril Bondi (on ne compte plus non plus les collaborations entre Diatribes et d'autres artistes) et Karst (toujours avec Bondi mais également Luc Muller et Abstral Compost). Sous le nom D'Incise, Laurent Peter s'intéresse aux différentes formes de la musique électronique. Ainsi, il passera aisément du dub à l'électronica sans oublier les couches abstraites de la musique électro-acoustique. C'est sur ce dernier genre que Laurent Peter se sera arrêté pour construire Rivages sur l'antipode qui est une commande du label belge Ini.itu. Basé sur un travail sur des gamelans et sur une collections de sonorités collectées à Jakarta, Makassar, Bandung et Yogjakarta, Rivages sur l'antipode développe des constructions abstraites mais dont le relief est assez saisissant. A la fois tonal et marqué par une rythmique accidentée ce disque invite à un ailleurs qui est à mille lieux de nos conceptions d'européens pseudo-civilisés.

Masterisé par James Plotkin (Khanate), il serait facile de voir en ce disque un choc des cultures. Une association entre les techniques modernes de l'électro-acoustique et des sons bruts venus d'Indonésie. Au pire on pourra le voir comme une tentative d'expérimations autour de sons qui ont déjà été utilisés par d'autres (dont Francisco Lopez apparement). Dans l'absolu, Rivages sur l'antipode est tout de même plus qu'une curiosité sonore. Admirablement ciselé, construit avec une précision millimétrique, formant un prisme déformant de la réalité pour en créer une nouvelle. C'est toujours un peu la même chose au fonds. Prendre de la matière, la transformer et lui donner une nouvelle substance. Et dans ce registre Laurent Peter est un orfèvre de premier ordre. Et cette qualité d'orfèvre elle s'obtient quand vous donner l'impression à l'auditeur d'une harmonie sonore indiscutable. Même si cela n'a rien d'évident pour qui n'est pas initié, cette harmonie existe sur Rivages sur l'antipode comme un pur cas d'école. Et cela n'a rien de péjoratif.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 27-07-2011

A voir également :

http://www.myspace.com/noisedesigner

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