.:.Chronique.:.

Pochette

Lunt

Switch the Letters

[We Are Unique ! Records::2010]

|01 Golden House V2|02 We Left with Whispers|03 Where's the Revolution ?|04 Golden House V1|05 The War Zone|06 Sparks and Darkness (My Bloody Valentine)|07 Switch the Letters|08 Split my Body|09 Happiness Is Transient (For G.G.)|

Dire que le label We Are Unique ! doit beaucoup à Gilles Deles est un euphémisme. Si il est le co-fondateur de la structure, il est aussi parti prenante dans la plupart des albums qu'elle a édité (Angil, Melatonine, Half Asleep, The John Venture...). Une forte occupation qui l'a un peu obligé à délaisser ses propres compositions. Six ans, en gros, qu'on avait plus entendu Lunt. Cette longue attente valait largement le coup quand on voit qu'il a accouché d'un Switch the Letters à fleur de peau. Dans un ensemble quasi minimaliste Lunt semble délaisser partiellement ses élans expérimentaux pour se concentrer sur des mélodies aux accents d'americana où Michael Stipe rencontre Bill Callahan avec une certaine aisance et un pouvoir émotionnel déconcertant. De fait, Switch the Letters n'est pas un album comme les autres car il donne encore une dimension particulière à ce qu'on pourrait qualifier bien vite de post-folk ou d'alter-folk. Est-ce que c'était vraiment le but de Gilles Deles ? Quand on voit les références avancées pour parler de ce disque (R.E.M., Beta Band, Mark Hollis), on doute sérieusement qu'on puisse le classer définitivement parmi les folkeux de base.

Bien au contraire, Lunt est quelqu'un de tout à fait à part. Jamais au même endroit mais toujours porté par une inspiration vagabonde. Le label parle de ce disque comme d' «une grande respiration» et ils n'ont pas tout à fait tort. Switch the Letters respire à plein poumons même. C'est le genre d'album qui nous fait prendre conscience qu'il est parfois nécessaire de prendre son temps, de se poser et de vivre sa vie comme un don. Lunt a su trouver le ton juste en dehors de tout sentimentalisme de pacotille. Complêtement en dehors des modes, ce disque est de ceux dont on sait pertinemment qu'il ne vieillira pas tout simplement parce qu'il n'appartient à aucune époque. Switch the Letters a quelque chose d'universel, difficilement palpable mais qu'on ressent fortement. Ca ne s'explique pas facilement, cela se vit. Quand on est rendu à porter ce genre de jugement c'est que l'on sait qu'on touche à quelque chose d'unique qui touche à la perfection. Bien vu, monsieur Deles.

note : 9

par Fabien, chronique publiée le 27-07-2011

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