.:.Chronique.:.

Pochette

Poirier, Philippe

Les Triangles Allongés

[Herzfeld::2011]

|01 Le plan|02 Unique|03 Il|04 Les triangles allongés|05 Les minces|06 Le rêve|07 Tractus|08 La chambre des merveilles|09 Mon ange|10 La boîte|

Hors de Kat Onoma on cite souvent les activités d'un Rodolphe Burger et ce à juste titre. Cependant c'est oublier que, également, Philippe Poirier a une discographie des plus intéressantes que ce soit seul ou en compagnie de Yves Dormoy et Stefan Schneider, participant à d'autres projets comme celui de Zend Avesta ou de 48 Cameras. Il n'est pas question d'opposer Burger et Poirier. Ce serait ridicule. Il s'agit juste de signaler que Philippe Poirier a sorti des disques tout aussi délectables que son comparse et qu'il n'est pas nécessaire de l'oublier. Dernière preuve en dâte : Les triangles allongés. Un nouvel album qui a trouvé refuge sur l'excellent label Herzfeld sur lequel officie son fils (qui participe également au disque) au sein de Roméo & Sarah. Il n'y a surement aucun hasard à cela. Très bien entouré (on compte parmi ses musiciens Daniel Paboeuf et Régis Boulard), Philippe Poirier a peint une toile moderne, quelque peu nocturne et à l'architecture mélodique délicate et qui est portée par se voix mi-chantée, mi-parlée. Notre homme nous sussure donc une poésie qui est autant textuelle que musicale. C'est un tout. On ne saurait que trop relever cette justesse dans le fonds et la forme. Aucun trou d'air, pas de surestimation de soi, Philippe Poirier est bien de la famille des Bashung, des Manset, ces auteurs à contre-courant qui se sont construits seuls, refusant toujours d'être dans l'air du temps.

Ainsi, Philippe Poirier se fout probablement d'être à la mode, produit une musique hors champ, écrit une chanson en l'hommage de Françoiz Breut (La boîte) et, vaille que vaille, met sur pieds l'un des plus beau disque de cette année. Rien de moins. On ne s'y attendait pas et on remercie monsieur Poirier pour cette surprise. Enfin, surprise, oui et non. Vu son expérience passée, on savait de quoi il était capable et jusqu'où il pouvait aller. Les triangles allongés est une surprise dans le sens que ce disque prouve que Philippe est encore plein de ressource et que son inspiration est loin de s'être tarie. La maturité lui va bien. Ce jeune soixantenaire n'agit pas en homme pressé. Il lui aura fallu sept ans pour donner un successeur à Qu'est-ce qui m'a pris mais l'attente valait largement le coup. Si Philippe Poirier (parce que, finalement, l'homme a plusieurs cordes à son arc et la musique n'est pas son seul centre d'intérêt) met encore sept années pour concevoir un autre album on s'en désolera forcément mais Les triangles allongés saura largement combler notre impatience.

note : 9

par Fabien, chronique publiée le 10-06-2011

A voir également :

http://www.philippepoirier.com/

?>