.:.Chronique.:.

Pochette

Tormenta

La ligne âpre

[Africantape::2011]

|01 Pagan|02 L'arche interne|03 Fêlure|04 La sensation de membre fantôme|05 La ligne âpre|06 Rituels et décadence|07 Ubris|

Vous vous souvenez de Cheval de Frise ? En ce qui me concerne c'est comme si c'était hier. Cependant, Cheval de Frise c'est du passé et si le souvenir reste tenace il faut se tourner vers l'Ocelle Mare pour avoir des nouvelles de Thomas Bonvalet et de Tormenta, donc, pour en avoir de Vincent Beysselance. Ce dernier est ici associé à Jeff Grimal et pour leur premier album l'aide d'Esteban Rodière n'aura pas été de trop à la guitare et à la basse, sans oublier l'apport un peu obscur mais apparement essentiel de Mathieu Pascal (Gorod). Vu l'entourage on se dit qu'il n'est sans doute pas très étonnant que La ligne âpre ait un côté un peu métal, avec des guitares qui labourent bien les espaces. Pour autant, le fond de commerce de Tormenta c'est bien le math-rock. Un math-rock métalisé en somme. Souplesse, chappe de plomb et lignes tortueuses, voilà la formule imparable mise sur pied par Tormenta. Le plus étonnant c'est que ça marche pendant tout l'album. C'est la magie de ce genre de groupe. On se dit toujours qu'ils vont s'essouffler à un moment ou un autre, qu'ils vont trébucher, faire du remplissage mais ils parviennent tout de même à nous tenir en haleine et sous un saine tension.

Proprement jouissif, le principal intérêt d'un disque comme La ligne âpre c'est cette capacité à s'éloigner de tout ce qui peut être prévisible et des chemins trop bien balisés. Le couteau entre les dents, Tormenta développe un tourbillon électrique qui dévaste tout sur son passage. Ce qu'il y a de bien dans les musiques radicales c'est qu'elles ne vous donnent pas vraiment le choix. Rien ne vous prépare à elles et vous prenez tout de plein fouet. Et c'est bien ce qui arrive avec Tormenta. La radicalité du groupe s'exprime par ces coups de butoir incessant comme si le groupe, possédé, n'arrivait pas à reprendre son souffle, ou si peu. Pour autant, nous ne sommes pas dans l'ultra violence. Tormenta est bien plus subtil que ça et ne s'est visiblement pas rangé parmi les adeptes d'un déballage sonore primaire. En effet, derrière ce mur du son électrique il y a bien des arpèges savants, un goût assumé pour les retournements de situations et une volonté de bousculer les habitudes. De fait, La ligne âpre est surement un disque un peu bavard mais les discussions avec Tormenta se font à coup de pompes dans l'arrière train.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 03-06-2011

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