.:.Chronique.:.

Pochette

Hell, DJ

Coming Home

[Stereo Deluxe::2011]

|01 Kraftwerk - Ohm Sweet Ohm|02 Rheingold - Dreiklangsdimensionen|03 Nina Hagen - Auf'm Friedhof|04 Einstürzende Neubauten - Kalte Sterne|05 City - Am Fenster|06 Hildegard Knef - (Ich Brauch') Tapetenweschsel|07 D.A.F. - Der Räuber un der Prinz|08 Klaus Nomi - Cold Song|09 Gilla - Der Strom der Zeit|10 Blumfeld, DJ Koze & Steve Bug - Tausend Tränen tief (Loverboy Mix)|11 Fehlfarben - Paul ist Tot|12 Der Plan - Zurück in die Atmosphäre|13 Eberhard Schoener feat. Hazel O'Connor - Why Don't You Answer |14 Fischer Z - Berlin|15 Ideal - Berlin|16 Ricky Shane - Mamy Blue|17 Reinhard Mey - Gute Nacht Freunde |18 Klaus Kinski - Hausverbote / Abbruch|

Cela n'aura échappé à personne. DJ Hell est allemand. Si je vous fais une révélation ici, désolé de vous sortir de votre torpeur. Quoi qu'il en soit cela le légitime entièrement sur ce projet qui est un panorama subjectif de la culture post moderne allemande. Subjectif parce que résumer un peu plus de trente cinq ans de musique teutonne cela ne peut être autre chose que cela. Ceci dit, le choix, tout à fait personnel de herr Geier se porte autant sur des figures emblématiques (Kraftwerk, Nina Hagen, Einstürzende Neubauten, D.A.F., Klaus Nomi), des gloires oubliées (Fischer Z, Rheingold, Ideal) que des cinglés mégalomaniaques (Klaus Kinski). Ce disque sonne comme une piqure de rappel mais pas seulement. Il montre que l'Allemagne a vraiment été un centre névralgique des cultures parallèles de l'Europe d'après guerre. En soi, les choix de DJ Hell ne sont donc certainement pas anodins et si chaque artistes présentés ici n'ont pas grand chose en commun cela n'a rien d'hasardeux. Geier montre a quel point on peut passer de la culture populaire à l'underground le plus rêche en passant par des esthétiques sonores très diverses, plus ou moins brutales, mais dont la coloration germanique ne fait guère de doute. En effet, il y a bien une espèce de marque de fabrique , un gencode indélébile qui situe immédiatement la nationalité des protagonistes.

Mais au-delà de ces considérations de culture collective, cette sélection a aussi attrait à l'affectif. Comment ne pas croire que tous ces morceaux n'ont pas influencé et été le quotidien du jeune Geier ? On peut difficilement se dire qu'il a découvert tout cela sur le tard. DJ Hell est en effet d'une génération (il est né en 1962) qui a pu apprécier à sa juste valeur toute cette multitude musicale, s'en imprégner au point qu'elle en devienne indissociable de votre background. Entre kitsch et carrément culte, Geier nous montre sa vision de la contre-culture allemande. Elle n'est certes pas définitive et elle ne saurait encore moins être unique. Il n'est pas difficile de comprendre à quel point on pourrait la complêter cette compilation. Au moins, elle offre des pistes pour aller plus loin et découvrir, ou redécouvrir, un vaste choix artistique dont on ne soupçonnait pas forcément l'existence. Il est enfin temps de reconnaitre que nos amis d'outre Rhin ont fortement pesé dans la musique de ces trente à quarante dernières années et ce dans bien des domaines. Merci donc, pour cette piqure de rappel.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 29-05-2011

A voir également :

http://www.myspace.com/djhell

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