.:.Chronique.:.

Pochette

Watine

Still Grounds for Love

[Catgang Productions::2011]

|01 The Story of that Girl|02 Connected Queen|03 The String of my Fate|04 Trying to|05 Books & Lovers|06 Strong Inside|07 Architect|08 Sailors|09 Le cours de ma vie|10 Grounds for Love|

Parfois, le bonheur c'est simple comme un disque de Watine. C'est en tout ce qu'on se dit à chaque fois que l'on écoute un album de la dame depuis qu'elle nous est apparue en 2006 avec Dermaphrodite telle une étoile qui brillerait un peu plus fortement que les autres. Et si elle brille plus que les autres ce n'est pas pour prendre la place à quiconque mais tout simplement parce qu'elle a beaucoup à donner. Pour autant, l'univers musical de Watine n'est pas aussi envahissant que cela. Still Grounds for Love, intimiste et nocturne, est une émanation de l'intérieur de l'âme. Watine se livre à nu, sans artifices, tissant une relation toute particulière avec l'auditeur, l'emmenant vers des territoires mélodiques et sonores qui tendent vers la mélancolie. Pour Still Grounds of Love, Watine nous dit qu'elle s'est inspirée de Yann Tiersen, Tim Burton ou de Nick Cave. On s'en voudrait de ne pas confirmer mais il va de soi que son univers est plus vaste que la simple évocation de ces trois noms aussi respectables soient-ils. Il faut reconnaitre qu'un disque comme Still Grounds for Love ne peut être apprécié au travers d'une lecture linéaire.

Still Grounds for Love est fait de multiples alcoves qui sont autant de lieux où Watine livre les profondes marques de sa personnalité. Alors elle parle d'elle, des autres, de ses passions, de son vécu avec une certaine pudeur qui ne l'empêche pas d'être naturelle. Pour autant, on ne la sent pas vraiment raccordée à la réalité. On navigue entre une musique qui se veut autant organique que bucolique, mécanique ou fantasmagorique. C'est presque comme un jeu de cache-cache mais qui, fatalement, se conclue sur les retrouvailles de chacun. On ne perd personne en route. Watine nous tient par la main, sereinement, sans espièglerie et nous fait part de ses confidences comme si nous étions des amis de longue dâte. Still Grounds for Love est le genre de bijou céleste qui vit son humanité comme une force fragile que l'on protège du mieux que l'on peut. Ainsi, ce disque n'est pas fait pour les grands espaces mais plutôt pour une aventure intérieure qui, émotionnellement, touche au plus juste. Watine est une grande dame, sachez-le.

note : 9

par Fabien, chronique publiée le 06-05-2011

A voir également :

http://www.myspace.com/watine

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