.:.Chronique.:.

Pochette

Luyas, The

Too Beautiful to Work

[Dead Oceans::2011]

|01 Too Beautiful to Work|02 Worth Mentioning|03 Tiny Head|04 Moodslayer|05 Canary|06 Spherical Mattress|07 Cold Canada|08 What Mercy Is|09 I Need Mirrors|10 Seeing Things|

The Luyas est le genre de groupe dont on peut passer à côté sans que l'on s'en rende compte. Ils ne font pas beaucoup de bruit et n'ont pas besoin d'en faire. C'est n'est pas dans leur tempérament. Pour autant il ne serait pas inutile de laisser trainer une oreille curieuse pour écouter, même distraitement, ce qu'ils font. Too Beautiful to Work, titre que l'on pourrait croire un tantinet prétentieux, est leur second opus après un Faker Death paru en 2007 qui n'avait attiré à lui que quelques esthètes dont je ne suis pas. Pour beaucoup donc, Too Beautiful to Work sera comme une introduction ou un second départ. Ce sera aussi une histoire de famille et de ramification. En effet, The Luyas a une parenté certaine avec Bell Orchestre qui en a une avec Arcade Fire. Le lien direct entre ces trois groupes sera Sarah Neufeld qui, désormais, participe aux trois projets. De là à dire que les trois sont similaires, ce serait être à la limite du n'importe quoi. Surtout en ce qui concerne The Luyas qui n'est certainement pas orienté dans cette veine folk baroque mais plutôt dans une pop éthérée matinée de textures électroniques. On pense très souvent à Broadcast, Stereolab, Pierre Henry (et à fortiori à Michel Colombier) éventuellement avec son Psyché-Rock. Enfin, tous ces artistes à la signature sonore si particulière qu'on ne peut se tromper sur la marchandise.

The Luyas pourrait n'être qu'une émanation de tout cela mais on se rend compte rapidement que Too Beautiful to Work est bien plus tentaculaire qu'il n'y parait. Ses morceaux, faussement naïfs, sont tortueux et offrent tous une double lecture. On aime s'y perdre, dans ces brumes épaisses qui nous font bifurquer à chaque fois que l'on croit avoir trouvé le bon chemin. De fait, The Luyas a plus d'une corde à son arc et ce disque doit également beaucoup au travail réalisé par Jeff McMurrich et à Owen Pallett qui lui donnent une (plusieurs ?) coleur(s) très particulière. Entre morceaux marécageux et des minatures diaphanes, Too Beautiful to Work captive votre attention de la même manière que ce que pouvait faire Colin Newman lors de ses premiers essais post-Wire au début des années 80. On le comprend aisément, The Luyas n'est pas un groupe sans surface et prendre cet album pour une simple sucrerie c'est se tromper lourdement. Pour autant Too Beautiful to Work n'est peut-être pas tout à fait le chef d'oeuvre que l'on espérait mais il ouvre pour The Luyas une voie royale.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 27-04-2011

A voir également :

http://www.myspace.com/theluyas

?>