.:.Chronique.:.

Pochette

Cambon, Joan

Sans Objet

[Novelsounds::2011]

|01 La sirène noire (introduction)|02 Cadran|03 Manipulation|04 Satellites|05 Eloignés dans une représentation|06 Building|07 L'économie de l'usure|08 Amniotique|09 Trous de mémoire|

Même sans son compère Sylvain Chauveau, avec lequel il officie sous le nom d'Arca, Joan Cambon reste quelqu'un qui produit une musique qui vient d'ailleurs. Sans Objet qui est son premier album en solo est en fait une reprise des musiques que Joan avait composé et réalisé pour le spectacle du même nom d'Aurélien Bory. Il est d'ailleurs heureux que cette musique ait trouvé un moyen de se faire diffuser en dehors du circuit théatral. Cambon définit lui même sa musique comme "basée sur des sonorités organiques et acoustiques, modifiées par des outils électroniques". Nous voilà donc fixés et prévenus. Pour Sans Objet, il reste fidèle à sa méthode et construit des morceaux aux contours minimaux, parfois mécaniques mais toujours dans un esprit flottant, pétri d'ambiances nocturnes et mécaniques dont les mélodies, qui leur servent de corps, se meuvent comme des algorithmes vivants, humanisés. Et c'est parce qu'elle a ce caractère vivant que Joan Cambon peut qualifier sa musique d'organique. Sans Objet a sans doute un petit côté fuyant mais il reste très sensoriel et son minimalisme aux tendances répétitives a quelque chose qui touche sincèrement au plus profond de l'âme.

En ce sens, Sans Objet n'est pas un album comme les autres. Il se vit intérieurement mais il est aussi très corporel ce qui fait qu'on peut également l'extérioriser. On peut prendre ce disque de ces deux manières en même temps ou indépendamment. Peu importe car le résultat sera le même au final. On aura ce sentiment de chaleur humaine et de principes musicaux mécaniques qui rappellent parfois des gens comme Pierre Bastien. Enfin, il fallait que ça se sache, Joan Cambon ne vit pas qu'au travers de sa collaboration avec Sylvain Chaveau et il est tout aussi capable, seul, de parvenir à un résultat tout à fait enthousiasmant. Sans Objet n'est pourtant pas un disque à l'évidence éclatante, qui n'est pas aussi immédiat que cela et qui répond assez souvent à des codes intimistes qui incitent l'auditeur à une plus forte attention. Ce n'est pas plus mal après tout. Cela permet de mieux s'approprier un disque dont la fragile beauté se contemple comme une oeuvre d'art intemporelle. Mais au contraire de ces dernières, Sans Objet n'est pas figé. Là est toute la différence.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 17-04-2011

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http://www.myspace.com/joancambon/

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