.:.Chronique.:.

Pochette

Kaliayev

Solipsism

[Le Kit Corporation::2011]

|01 L'aurore|02 Hang On|03 Pandora|04 Don't Snap Me|05 Ces tableaux vides|06 Don't You Find|07 Soldiers of our Empty Love|08 The Drowning|09 Lifestyle|10 Everyone's Waiting|11 Decline of Lights|

Est-ce que le fait d'être un musicien respectable et un mélodiste plus qu'honorable suffit à faire un bon album. Non, évidemment non car il y a toujours un petit grain de sable qui vient perturber tout l'ensemble. A l'écoute de l'Aurore, premier morceau de Solipsism, on se dit que l'on est parti sur de bons rails et que le reste va couler de source. Il ne faut pas toujours être trop optimiste. Le titre suivant, Hang On, met en évidence le chant de l'homme à tout faire de Kaliayev. Et c'est là que le bas blesse. On se fout un peu que Sébastien Boess ne soit pas un chanteur d'exception, ce n'est pas vraiment le problème, mais quitte à chanter en anglais autant que ce soit en évitant cet atroce accent qui rend notre approche de cette langue des plus approximatives. Le rock français a beaucoup souffert de cette prononciation à la hache qui a fait rire beaucoup de monde. Dans certains cas cela pouvait avoir un certain charme mais, la plupart du temps, cela ruine tous les efforts consentis au préalable. Et des efforts, du talent même, il y en a chez Kaliayev, c'est indéniable. C'est un peu dommage car les meilleurs morceaux sont quand même ceux où il cède le chant à Marielle Martin ou, tout simplement, il ne chante pas du tout. Et là on découvre un Kaliayev inspiré, onorique, faisant de véritables trouvailles mélodiques qui savent prendre une ampleur héroïque et marqué par une sorte de sentimentalisme presque adolescent.

Pour autant, Kaliayev fait en sorte de ne pas aller trop loin pour ne pas tomber dans la guimauve et les artifices à l'eau de rose. Les conseils de Chapelier Fou (qui joue sur ce disque) ne sont sans doute pas étranger à ce que Sébastien Boess ne se soit fourvoyé dans ce genre de piège. Quoi qu'il en soit Solipsism reste un album passionné. Le genre de passion qui se vit comme un road movie effrené dont on ne sait si l'issue sera heureuse. Finalement, le chant de Sébastien Boess sera le seul vrai défaut de cet album. Le reste est une démonstration de savoir faire et d'élans émotionnels assez bien exécutés. De fait, on ne sera pas vraiment sévère envers Kaliayev qui ne peut que progresser. Cela ne veut pas dire qu'il n'est pas au niveau mais tout simplement que les qualités nombreuses de ce disque peuvent être amélioré et on sent Kaliayev en mesure de le faire. Ce serait dommage de gâcher un aussi beau talent et de ne pas avoir plus d'ambition. Solipsism ouvre la voie. Une voie qui mérite d'être explorée jusqu'au bout.

note : 7

par Fabien, chronique publiée le 14-04-2011

A voir également :

http://www.myspace.com/kaliayevmusik/music

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