.:.Chronique.:.

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Cosmos 70

A Poet With Nothing to Say

[Bee Records::2011]

|01 Sea of Rains|02 In my Bones|03 Hang Song|04 Selma|05 Zombie Nation|06 Preaching|07 Holy Wheel|08 Turmoil|09 The Poison|10 Merry Go Round|11 Youth|12 The Wave|

A l'évidence avec ce nouvel album Cosmos 70 a un peu grandi. On se souvient de Voices, premier jet qui faisait furieusement penser à Kraftwerk et à l'un de ses enfants directs Arpanet. Si l'influence kraftwerkienne se fait toujours sentir, il est indéniable que le groupe a fait évoluer sa musique vers une pop électronique plus riche et certainement moins marquée par des influences trop évidentes. De fait, Cosmos 70 se veut un peu plus moderne, plus tourné vers ce siècle pour ne pas qu'on dise d'eux qu'ils ne sont rien d'autre qu'une résurgence du passé. Ainsi A Poet With Nothing to Say n'est pas une redite à l'identique de Voices. Quel aurait été l'intérêt de refaire le même album ? Même si Cosmos 70 n'a pas tout rejeté et qu'il fait encore quelques clins d'oeil au groupe de Düsseldorf, c'est bien un groupe gagné par une nouvelle motivation et inspiration qui nous apparait ici. C'est comme une nouvelle naissance et par là même, une nouvelle destinée. Pour autant, cette mutation apparait dans une logique qui fait que la musique de Cosmos 70 progresse, se transforme au fur et à mesuere. Ils se rapproche ainsi des formats un peu plus pop avec une délicatesse tout à fait germanique. Comment ne pas penser à toute cette vague initié par les labels comme Morr Music à l'instant où l'on écoute ce disque.

De là à dire que Cosmos 70 est en train de réaliser une synthèse de la pop électronique allemande de ces quarante dernières années, on ne serait pas loin d'avoir raison. Alors que l'on croyait que c'était là un domaine qui leur était réservé, les deux lyonnais prouvent qu'ils peuvent atteindre la même quintescence, la même profondeur mélodique et la même approche organique de la musique. Cela ne bouleversera sans doute pas la hiérarchie actuelle mais Cosmos 70 peut se targuer de sortir des disques qui ne laissent que quelques miettes à l'imperfection. C'est ainsi. Même si certains crieront au plagiat on pourra toujours leur rétorquer que cela n'est pas d'une importance capitale et que seul compte cette capacité à sentir les mélodies et leur donner une émotion toute synthétique. Croyez bien que cela n'est pas forcément donner à tout le monde de toucher ainsi du bout des doigts la perfection électro-pop. J'exagère peut-être un peu mais c'est vraiment ce sentiment que l'on a en écoutant leurs morceaux. Cosmos 70 se sous-estime surement. Ce sont assurément des poètes de l'électronique mais, visiblement, ils ont encore des choses à dire.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 06-04-2011

A voir également :

http://www.myspace.com/cosmos70

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