.:.Chronique.:.

Pochette

Domancich, Sophia

Snakes and Ladders

[Cristal Records::2010]

|01 Goodnight - instrumental|02 High Tide on the Ebb|03 In the Box|04 S & S|05 The Island|06 Est-ce l'heure du thé ?|07 Tea Time|08 Mis manos te acarician|09 Wilderness - instrumental|10 Wilderness|11 Lucky Day|12 ...Of Night|13 Goodnight - instrumental|14 Goodnight|15 Five O'Clock|

Pour ceux qui s'attendait de voir en Sophia Domancich une chanteuse à la Laura Veirs ou autre fantasme du même genre, il faudra repasser. En effet, Sophia Domancich ne chante pas, ne gravite pas autour du monde indie et n'a rien de très rock'n'roll. C'est plutôt dans le jazz qu'elle s'est affirmée depuis de nombreuses années en se produisant dans diverses formations (Trio Davenport, Soft Bounds...) et en multipliant les collaborations (Robert Wyatt, Elton Dean, Laurent Cugny, John Greaves...). Lauréate du prix Django Reinhardt (musicien français de l'année), Sophia Domancich est quelqu'un de respectée et qui a fait ses preuves depuis longtemps. Snakes and Ladders est son huitième album en solitaire. Enfin, en solitaire, pas vraiment puisqu'ils sont nombreux à intervenir sur ce disque. Sur le principe Snakes and Ladders (nom inspiré par un jeu anglais de dé très ancien) est la musique en musique des poèmes de Jacqueline Cahen-Sergent. Pour les interpréter Sophia Domancich a fait appel a plusieurs artistes (John Greaves, Ramon Lopez, Napoléon Maddox, Himiko Paganotti, Robert Wyatt) pour le chant ainsi que d'autres musiciens qui touchent autant au jazz qu'aux traitements électroniques. Car, en effet, Snakes and Ladders ne saurait être qu'un simple disque de jazz. Disque hybride et mutant qui se partage entre un jazz feutré, nocturne, narratif et un autre plus moderne, ouvert aux expériences élecroniques, Snakes and Ladders n'est pas de ceux qui entretiennent une vision vieillote du genre.

Et tout cela n'est pas vraiment un hasard. Sophia Domancich vient du monde de l'improvisation, là où le jazz est toujours en mouvement, toujours en évolution, à se transformer. Ici, notre pianiste s'autorise même des incursions dans la pop. Une pop qu'elle soit acoustique ou électrique, peu importe. Sophia Domancich et ses camarades s'enfoncent dans une nuit seulement illuminée par les textes de Jacqueline Cahen-Sergent. Cependant, chaque morceau semble raconter une nuit différente. Rien ne serait jamais identique même dans les ténêbres. Snakes and Ladders va aussi loin que possible, tout en pudeur et en subtilité. Tout en gardant des bases solides, Sophia Domancich part dans une sorte de douce dérive qui nous emmène au bout de la nuit. Pas tout à fait classique, pas encore dans un avant-gardisme jusqu'au boutiste, Sophia Domancich parvient à trouver un juste compromis qui n'exclut pas la poésie des mots, des sons et des mélodies. Et c'est surement le plus dur à obtenir.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 27-03-2011

A voir également :

http://www.myspace.com/sophiadomancich

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