.:.Chronique.:.

Pochette

Nolin, Sam

Postcard From Earth

[Autoproduction ::2010]

|01 Naked Unborn Child|02 Last Train to Vatican|03 Akilam (Postcard From Earth)|04 Catacombs|05 Circus Song|06 Manhattan|

Comme ça, de but en blanc, on aurait pu croire que Sam Nolin est un type qui sort de nulle part. Quand on se renseigne un peu (enfin, il aura juste suffit de consulter son myspace) pour se rendre compte que le bonhomme fait parti des groupes O'Folk Brothers et The Beautiful But Freakish Ears Of Captain Spock, qu'il a été batteur de O'Grind, de Alasèv et qu'il a croisé la route de Jullian Angel, Louis Aguilar, Tycho Brahé et Kawaii. D'ailleurs ces quatres derniers personnages ont largement participé à la conception de Postcard From Earth avec d'autres pointures comme David Fenech ou Leo(88man). On se rend compte également qu'il n'est pas à son premier essai discographique et qu'on se demande encore aujourd'hui pourquoi on est passé à côté de sa musique. Alors qu'il est en train de travailler sur son prochain album il n'est pas inopportun de se pencher sur son univers lo-fi et quelque peu velvetien. En tout cas c'est ce qui ressort de ce Postcard From Earth dans lequel six morceaux mettent en exergue un Sam Nolin avec une voix nasillarde et détachée qui n'est pas sans rappeler celle de Lou Reed. Mais il aurait été tellement facile de copier le Velvet Underground et Sam Nolin est suffisament intelligent pour ne pas tomber dans ce genre de piège grotesque. L'évocation est plus ou moins marquée selon les morceaux mais le territoire occupé est bien celui de Sam Nolin. Bancal, agissant comme un voyageur usé mais pas encore désabusé. Pas totalement en tout cas car il semble rester suffisament de force à Sam Nolin pour écrire des morceaux habités qu'on n'ose pas qualifier de folk tant l'électrique et le noise côtoie l'acoustique d'une manière presque surnaturelle. De fait, il est certainement plus proche d'un blues déconstruit, flirtant avec le précipice de ses propres tourments. Car Sam Nolin est dans un purgatoire et sa musique ressemble à celle de ces artistes maudits qu'on aime chérir parce qu'ils savent toucher au plus juste de l'âme humaine. Sur la corde raide, Sam Nolin semble être en sursis mais c'est manifestement dans ce genre de situation qu'il se montre le meilleur.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 18-03-2011

A voir également :

http://www.myspace.com/samnolin

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