.:.Chronique.:.

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Arca

By

[Novelsounds::2011]

|01 By the Window - Unter den Linden |02 Belmont Harbor|03 Damages of Kindness|04 Aphelion|05 A Wall of Books|06 Sevilla 82|07 By the Looking-Glass - Ls|08 Division|09 Coma|10 Apex|11 Michael Owen's Downfall|12 28 Alive|

Un nouvel album d'Arca (entité menée par Sylvain Chauveau et Joan Cambon) remporte toujours ce succès critique qui ferait le bonheur quel groupe de seconde zone. Pourtant si le succès critique faisait le succès commercial ça se saurait. Depuis ses débuts en 2000, Arca aura sorti autant de disques exemplaires mais le duo est resté proche d'un public confiné mais que l'on croit fidèle. Depuis Cinémathèque jusqu'à By, on ne peut pas dire que Arca est fait une musique pour le grand public. C'est ainsi et on ne s'en plaindra pas beaucoup car elle aura su faire frétiller de plaisir nos capteurs sensoriels au fil de ces dix dernières années. C'est pour cela que By se faisait finalement attendre car on n'avait plus vraiment de nouvelles d'eux depuis On ne distinguait plus les têtes (2007). Même si c'est plus ici une oeuvre de commande (en l'occurence pour Arrêts de jeu de Pierre Rigal qui a été inspiré par le psycho-drame de Séville en 1982), il ne fut pas question pour Arca de faire des morceaux de raccroc qui auraient sérieusement ébranlé la réputation du groupe. Séparé en deux parties (By the Window et By the Looking-Glass), Arca en profite pour montrer deux visages différents.

By the Window montre un Arca assez orchestral, lumineux, habité par la voix d'un Sylvain Chauveau qui, mine de rien, n'est pas si loin d'un David Sylvian et qui porte la marque de l'influence répétitive d'un Steve Reich ou d'un Tortoise. On ne s'étonnera donc pas vraiment de savoir que c'est John McEntire qui était aux manettes. Sans verser dans le mélo revanchard, Arca tente de restituer avec ses propres moyens tout l'émotion qu'a pu susciter ce match dans l'inconscient collectif. Encore aujourd'hui, ce match représente une lourde blessure et a même dépassé le cadre même du football. Il faut dire que le scénario de la rencontre est assez incroyable : un match haletant, l'agression sur Battiston, les buts de Trésor et Giresse, le retour d'un Rummenigge diminué, un final au tir aux buts, la détresse de Stielike, Bossis médusé. On n'a jamais revécu cela. Pas de cette intensité en tout cas. Heureusement, Arca ne force pas le trait et aborde le sujet avec pudeur, comme un spectateur qui se remémore avec tout le recul nécessaire mais avec cette émotion intacte et nostalgique.

La deuxième partie, By the Looking-Glass, comme une suite, purement instrumentale celle-là. Après le KO et la désillusion c'est aussi le moment de l'apaisement. Plus minimaliste, plus sobre, cette partie donne l'impression d'une mémoire réduite à sa plus simple expression. Nocturne et agrémentée d'accidents sonores divers, la musique d'Arca se veut ici plus cérébrale et plus dépouillée, débarassée de toute idée d'une improbable revanche. Les souvenirs s'enchainent, diffus, fantomatiques, les contours sont flous mais obsessionnels. Arca sait jouer sur les émotions et le fait de fort belle manière. Encore une fois Sylvain Chauveau et Joan Cambon parviennent à nous subjuguer et nous transporter bien au delà de toutes considérations terre à terre. Non, décidémment, Arca n'est pas un groupe comme les autres et il cultive nettement sa différence. Heureux sont ceux qui croiseront leur chemin.

note : 9

par Fabien, chronique publiée le 16-03-2011

A voir également :

http://www.myspace.com/arcamusique

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