.:.Chronique.:.

Pochette

Harrington, BD

The Kid Strays

[Travelling Music::2010]

|01 4-in-the-Morning Snow|02 Makebelieve|03 Deerslayers|04 All the Roses|05 Hallelujah Anyway|06 Morningside|07 God Is in the Attic|08 Secret of the Scar|09 Wedding Ring|10 Bettye Swann|

Canadien de son état mais né en Irlande, BD Harrington aura pas mal bourlingué dans sa vie, parcourant les routes d'Europe et des pays anglo-saxons. De cette expérience de voyageur insatiable, il nous convie à écouter son premier album aux allures intimistes, largement flaneur et qui se résume à une collection de chansons épurées et naturelles. Il n'y a pas besoin de plus car dans ce cas précis, ce qui prime c'est d'être dans une interprétation toute en retenue qui est portée par un song-writing impeccable, évocateur et habité. BD Harrington n'est pas là pour soulever des montagnes et encore moins pour ratisser large. A la limite on pourrait croire qu'il ne souhaite pas attirer l'attention sur lui. The Kid Strays est alors un titre qui colle parfaitement à l'ambiance de l'album. Celui-ci est bien ce genre d'errance mélancolique qui vous pousse à suivre des routes désertes en quête de réponses à ses propres questions. De prime abord ça ne respire pas la joie de vivre, la nonchalance du disque y étant sans doute pour beaucoup. Pour autant, BD Harrington est assez loin de donner envie de se pendre.

The Kid Strays est tout simplement beau, écrit et interprété avec une émotion palpable. Il n'y a pas de fausseté dans ce qu'il fait. On ne retient que ces ballades lumineuses portées par cette voix un peu fuyante, un peu nasillarde qui fait tellement penser à cette Amérique profonde, celle qui, hors du temps, vit dans ces grands espaces qui ont fait une partie de sa légende. On pense alors à tous ces amoureux de la guitare sèche qui ont repopularisé la musique folk et qui ont permis qu'elle perdure jusqu'à aujourd'hui. Cependant, chez BD Harrington, il n'y a pas de vision moderne du genre. Il est de la vieille école, un brin conservateur et en souhaite visiblement pas être en rapport avec cette nouvelle lecture de la musique folk. Il arpente les chemins pris par d'autres que lui mais, heureusement, il le fait bien et c'est ce qui le sauve. En effet, Harrington n'est pas né de la dernière pluie et fait ressortir toute sa senbilité pour que The Kid Strays soit autre chose qu'un album sans âme. C'était le moins qu'il puisse faire.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 03-03-2011

A voir également :

http://www.travellingmusic.net/newsite/releases/detail/release/The+Kid+Strays/id/12

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