.:.Chronique.:.

Pochette

Seefeel

Seefeel

[Warp::2011]

|01 O-on One|02 Dead Guitars|03 Step Up|04 Faults|05 GZaug|06 Rip-Run|07 Making|08 Step Down|09 Airless|10 Aug30|11 Sway|

L'ep Faults, paru en 2010 sur Warp, avait entretenu l'espoir d'un retour plein et entier. On avait raison d'y croire. Ce n'est pas que Seefeel soit une légende ou un grand mythe des musiques modernes mais pendant les 90's, le groupe de Mark Clifford aura sorti trois albums imparables (Quique, Succour, CH-VOX) sur autant de labels incontournables (Too Pure, Warp, Rephlex). Seefeel n'a jamais été mainstream, n'a jamais été parmi de ceux dont pouvait évoquer facilement la musique mais quand vous aviez l'opportunité de jeter une oreille sur ce qu'ils pouvaient faire, on se rendait assez vite à l'évidence que la formation londonienne se révélait autrement plus intéressant que n'importe quel ersatz rock défendu par Rock & Folk ou les Inrocks. Seefeel avait finit par disparaitre parce qu'il n'avait pas de plan de carrière et Clifford de déclarer que le groupe ne sortirai de sa retraite que lorsqu'il aurait quelque chose de nouveau à présenter. Quinze ans d'attente. Quinze où on a bien failli les oublier, comme beaucoup d'autres. Alors, on a le sourire, forcément, car les souvenirs remontent à la surface. Le seul problème est de savoir à quoi peu bien ressembler ce nouvel opus et est-ce que cela valait vraiment le coup de ressuciter la formation ?

La première constatation est que Seefeel ne revient pas pour se faire mousser ou pour accoucher d'un album bancal. Bien au contraire, Seefeel est tout sauf ordinaire. Evoluant sur un faux rythme, noisy et lunaire, avançant lentement avec une gestuelle désarticulée et d'une manière qui semble tout à fait primitive, le groupe s'est débarrassé de tous ses atours urbains et modernes pour proposer une musique onirique, à la limite du bucolique et parfaitement mutante. Enfin quand je dis qu'ils se sont débarassé de cette urbanité sonore ce n'est pas tout à fait vrai. En fait, ils se sont réappropriés des éléments de la musique industrielle et les ont greffé, transformé sur une ossature musicale qui dépasse le cadre même de l'exercice de genre. On ne dit pas pour autant qu'ils ont créé quelque chose de nouveau. Ils se sont juste créé un monde à part, dont seul Seefeel a eu les clés et qui, gracieusement a décidé de ne pas les garder pour soi. Après, c'est aussi à nous de déchiffrer cette musique atypique et qui, de prime abord, semble désincarnée. Plus chaleureux qu'il en à l'air, ce disque est comme cette lumière aveuglante qui se diffuse sur la pochette. Elle finit par prendre tout l'espace, se meut d'une manière irréelle mais on finit inévitablement par être attirée par elle malgré la crainte qu'elle peut nous inspirer. Alors voilà, Seefeel renait donc de ses cendres et une fois de plus on reste ébahis.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 01-03-2011

A voir également :

http://www.myspace.com/seefeelmyspace

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