.:.Chronique.:.

Pochette

Tempsion

There Is No Reason To Believe That Music Exists !

[L'Etrange Sonothèque::2011]

Je n'étais pas prêt. Ou alors je n'étais pas dans de bonnes dispositions. Ce qui revient à peu près au même. Quand j'ai vu Tempsion lors de son passage à Nantes en 2004 dans le cadre du festival I.D.E.A.L. je n'avais été vraiment convaincu par la performance de Frédéric Temps, Black Sifichi et de leurs camarades. Il aura fallu que je me procure l'album Rectifier et de visionner le dvd qui proposait ce même concert pour me rendre compte à quel point je m'étais trompé et que j'avais pu être injuste sur le jugement que j'avais pu avoir sur Tempsion. Cinq ans plus tard il est grand temps pour moi de réparer cette injustice. Car il faut prévenir. Pour ce nouvel opus, où l'on retrouve le même line-up à savoir Frédéric Temps, Black Sifichi, Charley James, Edward Perraud (Das Kapital, Big Pop), Frédéric Galiay (Big Pop, Chamaleo Vulgaris), Jean-Philippe Morel (Tom Cora, Foetus) auxquels on rajoutera tout de même la présence vocale de Sophie Corceiro, il faut être préparé au-delà de l'ordinaire. En effet, There Is No Reason To Believe That Music Exists ! est un disque vampirisant et hybride qui ne ressemble à rien de tout à fait conventionnel. Bâti sur la base d'un double album There Is... met en exergue une multitude d'approches sonores, d'ossatures musicales, d'influences, de genres abordés. L'univers de Tempsion n'est pas cloisonné, il est ouvert, parfois un peu brutal car il ne prévient pas et prends vraiment l'auditeur comme un adulte.

En effet, le chemin pris par ce nouvel album n'est tout à fait tracé. Tempsion ne prends pas le soin de guider ou de prendre par la main celui qui se donne la peine de l'écouter. Il estime qu'il n'est pas naïf, qu'il est intelligent et qu'il peut s'adapter en résolvant de lui même les équations posées par le groupe de Frédéric Temps. Celles-ci sont nombreuses et peuvent dérouter si, justement, on ne s'est pas préparé à ce genre d'expérience. Rock, industriel, hip-hop, néo-contemporain, électronique, minimalisme, noise, Tempsion n'est pas avare expériences en tout genres. Il s'agit alors pour nous de pouvoir les suivre dans un disque à l'apparence d'un labyrinthe fascinant qui ne révèle pas tous ses secrets en une seule fois. Incroyable dans sa capacité à changer de visage, The Is... refuse la monotonie musicale et semble se réinventer à chaque morceau. Pourtant, malgré toute cette disparité, il y a une certaine fluidité qui rend l'ensemble logique et cohérent. Dans tout ce maelstrom, Black Sifichi s'en donne à coeur joie et se montre plus impressionnant que jamais. Comme à son habitude il vit la musique et fait corps avec elle. Sa puissance et sa profondeur vocale est ici parfaitement adaptée et percute vos sens indiscutablement. Mais There Is... est un tout et ne repose pas uniquement sur les performances de Black Sifichi ou celles de Sophie Corceiro. There Is... est une expérience unique, un voyage vers une musique absolue et sans frontières.

Pour autant même si ce disque est cette beauté complexe et factuelle il n'en demeure pas qu'il est aussi une réflexion sombre sur notre temps. La vision de ce monde n'est pas très optimiste et cet album peut raisonnablement être pris comme un appel à un retour à la raison et à des valeurs plus humaines. Il est plus que temps.

PS : La vidéo qui suit dâte de 2005, enregistrée lors d'un concert dans le cadre de l'Etrange Festival. Si elle dâte un petit peu elle représente très bien l'esprit même de Tempsion.

note : 9

par Fabien, chronique publiée le 28-02-2011

A voir également :

http://www.myspace.com/tempsion

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