.:.Chronique.:.

Pochette

Gibello, Emmanuelle

Labyrinthe (c104goto901)

[Bruit Clair::2011]

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Dix ans après ses débuts dans le petit monde du field recordings, Emmanuelle Gibello sort son premier album sur Bruit Clair, le label dirigé par Mathias Delplanque qui s'est justement spécialisé dans le "sound art". Enfin, c'est un premier album sans en être vraiment un. En effet, composé de quatre pièces, celles-ci ont été enregistré dans des contextes et des époques bien distinctes. Entre oeuvres de commandes et enregistrements lives, l'avantage des morceaux sélectionnés ont été réalisé dans une période finalement assez ressérée. C'est peut-être pour cela que les créations d'Emmanuelle Gibello qui nous sont présentées ici possèdent une certaine cohérence. Si Emmanuelle Gibello utilise beaucoups les sons environnementaux ceux-ci ne forment pas le coeur même des morceaux. Les traitements électroniques, qu'ils soient des points de détail ou des ensembles de plus grande ampleur on constate que la jeune femme est avant tout dans une optique de sculpture sonore. Puisant généralement ses field recordings dans les ensembles urbains et s'inspirant de la littérature moderne (Didier Anzieu, Samuel Beckett, Philip K.Dick...) elle parvient à créer une musique étirée, limpide, rempli de clarté et ce quel que soit le volume sonore utilisé. Car, en effet, Gibello n'hésite pas à moduler le volume pour atteindre des niveaux assez élevé pour parvenir à ses fins.

Globalement, Labyrinthe (c104gotoN901) est un disque sensible, pointilleux, qui a un pieds autant dans le réel urbain et contemporain que dans une autre réalité, plus fantasmée celle-ci. Quoi qu'il en soit, il suffit de s'imprégner pleinement de ces compositions pour se créer soi même son propre périmètre d'interprétation. C'est toujours un peu comme cela avec les disques composés de field recordings. Ils sont sensé être une réprésentation du réel, une sorte de reconstruction pour lui donner le visage qu'on ne lui soupçonnait pas forcément. Dans cette minutie si particulière Emmanuelle Gibello s'en tire particulièrement bien. Il faut dire que ses performances lives qu'elle distille depuis le début des années 2000 et sa formation universitaire font qu'elle poursuit une méthodologie précise qui n'est pas non plus dénuée de chaleur artistique. Ce n'est sans pas pour rien que d'autres n'hésitent pas à jouer ses oeuvres et ses collaborations nombreuses (Kaffe Matthews, Mathias Delplanque, Black Sifichi...) démontrent que son travail n'est pas anecdotique. De la même manière, il n'est pas difficile de constater que Labyrinthe (c104gotoN901) est lui aussi dans un cadre qui dépasse la normalité.

http://myownspace.fr/scenophonie

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 17-02-2011

A voir également :

http://www.myspace.com/scenophonie

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