.:.Chronique.:.

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Manathol

Baketo

[Bwugung / Mille Plateaux::2010]

|01 Sankei Ouka |02 Baketo|03 Slotless|04 Bibot|05 shfbv|06 Ram-11|07 UntitledKrypt |08 Data Castle|09 PitchedUpp Mr.LuckyHoliday |10 dst|11 Mokk|12 Itgetnewwer |13 Erlogic|14 Beat Vishunu|15 Iwaki|16 Rounding Bee|17 Haliii|18 Gaom6|19 Filll|

Japonais de son état, Manathol a été a bonne école. Il faut dire que le pays du Soleil Levant est depuis longtemps un pays où la musique électronique abstraite et minimaliste a proliféré avec un bonheur certain. Voir émerger aujourd'hui un Manathol n'est donc pas forcément une surprise. L'homme n'est pas unique en son genre mais comme la plupart de ses camarades la médiocrité ne fait pas parti de son répertoire. Il est même un cas d'école. La réédition de Baketo, sorti initialement en 2008 sur Fantôme Records, et agrémenté ici de deux morceaux bonus, en est la preuve. Manathol est le genre de type à aimer les rythmes concassés, les destructurations en tout genre, l'utilisation de styles différents et banni totalement toute forme de mélodies basiques. Ainsi big beat, électronica, IDM, trip-hop se croise et se confondent pour notre plus grand bonheur. Assurément, Manathol déteste la mollesse et les musiques trop lisses. De fait, il y va au marteau pilon et se pare d'une combinaison tous terrains. En effet, les pistes empruntées par le japonais sont pour le moins accidentées et se refuse à prendre les grands axes. Baketo est alors ce genre de disque qui, en reliefs abrupts, rappelle les panoramas post-industriels largements répandus après la déflagration Throbbing Gristle.

Donc oui, Manathol incarne assez bien ce Japon moderne qui, depuis deux ou trois décennies, démontre qu'il est aussi à la pointe de l'expérimentation musicale et qu'il n'a rien a envier spécialement de ses collègues occidentaux. Au-delà de ça, Baketo est une vraie claque électronique. Disque radical, sans concessions, ne se cachant jamais derrière le moindre habillage ou leurre sonore. Chaque morceau vous arrive de manière immédiate. Pas de préliminaires, pas de subterfuges. Avant donc d'appuyer sur la touche play, il est fortement conseillé d'être préparé à ce déluge abstrait et destructuré. Si la radicalité finit parfois par lasser, ici ce ne sera pas le cas, car l'amplitude sonore prise par Manathol est suffisament large pour ne pas donner l'impression de tourner sans cesse en rond. D'ailleurs, il n'y a aucune rondeur sur Baketo, rien sur quoi vous pouvez vous reposer ou vous sentir en sécurité. Il aurait été facile de créer un maelstrom digital et en rester là mais on se rend compte qu'il y a une réelle construction derrière chacun des titres et qu'il n'y a rien d'hasardeux. Un chaos industrialo-tribal, ordonné et cérébral, fascinant et inquiétant. Un cas d'école donc.

note : 9

par Fabien, chronique publiée le 17-02-2011

A voir également :

http://www.myspace.com/manathol

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