.:.Chronique.:.

Pochette

Jeans Wilder

Nice Trash

[Atelier Ciseaux / La Station Radar::2010]

|01 Be My Shade|02 Blonde Beach|03 Don't Wanna Live Forever|04 Blanket Mountain|05 International Waters|06 In My Dreams|07 Sparkler|08 Let's Share This Place|09 Pumpkin Patch|10 Light Sleeper|

Bien que réalisé en collaboration avec La Station Radar, le label Atelier Ciseaux prouve une fois de plus son audace à sortir des disque tels que Nice Trash. Ce n'est pas la première fois que Jeans Wilder se produit dans cette officine. On se souvient avec plaisir de ce split réalisé avec Best Coast qui avait su nous ravir tout en prédisant un futur radieux aux deux groupes. Depuis, Best Coast a percé et nous a offert un Crazy for You délectable. Jeans Wilder est un peu resté en retrait, préférant les chemins plus biscornus de l'indépendance bricolo mais nous délivre un Nice Trash de toute beauté emprunt d'une légèreté vibrante, minimaliste et lo-fi qui vous donne l'impression d'être dans un état second, comme sonné, saoulé d'en avoir trop pris à travers la tronche. Alors Jeans Wilder, titube, avance doucement, fragilisé mais comme soulagé d'avoir retrouvé le calme et la sérénité. Nice Trash donc. Nice parce que tout ici est vaporeux, lunaire voire même clinique comme si plus rien ne pouvait nous toucher, plus aucune douleur ou de quelconque animosité. Trash parce que finalement, Jeans Wilder garde ce côté bancal, cette fabrication sonore faites de bric et de broc qui, dans sa simplicité, donne le meilleur de lui même en imprimant une ambiance intemporelle.

Entre l'éther et le noise, Jeans Wilder ne choisit pas et prend les deux options à bras le corps. Peu importe après tout, les deux vont si bien ensemble et il faut dire qu'Andrew Caddick et Melissa Duenas (enfin plus Caddick puisque ce dernier semble être le seul membre permanent du projet) maîtrisent la chose de manière plus que convaincante. Sans chercher à en mettre plein la vue, ou plein les oreilles, le duo va tout simplement à ce qui leur semble être l'essentiel. Si la voix d'Andrew Caddick reste toujours la même, toujours un peu décalée même quand on la trafique avec de l'écho, il se trouve que les morceaux de Nice Trash sont tous différents des uns des autres. A aucun moment on a l'impression que Jeans Wilder se répète. Bien sur cela nécessite un effort car le chant de Caddick peut fausser le jugement si on se focalise sur celui-ci. Dans une espèce de pop-noise-tropicaliste nourrie aux psychotropes, la musique de Jeans Wilder produit des merveilles qu'on avait de la peine à soupçonner vraiment. Le split avec Best Coast ne nous avait laissé que quelques pistes et on espérait qu'ils tiendrait la distance. Nous avons aujourd'hui la confirmation que c'est le cas.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 14-02-2011

A voir également :

http://www.myspace.com/hereliesjeanswilder

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