.:.Chronique.:.

Pochette

Bovary

2030

[Autoproduction ::2011]

|01 Paisley Pie|02 The Crab|03 Hung Wolf Wood|04 2030|05 Brace Position|06 Pictures From the Past|07 Thingamagig|08 Lilah|09 Cemetary Days|10 Cathy's Garden|11 |

Pour faire ce boulot il faut aimer les contrastes et ne pas se contenter d'écouter toujours les mêmes choses. Parce que quand vous sortez d'écoutes répétées des derniers opus de Badly Drawn Boy et d'Erik Arnaud, qui ne se distinguent pas franchement par une énergie débordante, et que vous vous attelez à celle de 2030 on a clairement l'impression que l'on vous tire d'une sorte de létargie dans laquelle on se sentait pourtant bien. Changement de décor donc.Voici donc une pop un peu plus musclée, sans doute plus charnelle qui repose sur des montées d'adrénalyne mais aussi sur des instants plus réfléchis et dilués. Les influences du groupe sont très variés. De Led Zeppelin à Prince en faisant quelques détours par The Police ou The White Stripes, Bovary s'emploie à prendre les devants et ne jamais rester attentiste. Originaire de Paris, ils chantent essentiellement en anglais mais ils ne réchignent pas à utiliser leur langue naturelle. Qu'ils choisissent l'une ou l'autre (même s'ils ont une préférence pour la première) ils sont tout aussi à l'aise. Une aisance et un culot monstre qui a séduit Sub Pop au point que le label a financé leur premier clip qui aurait été estimé à 450 000 euros. Un chiffre qui peut donner le tourni et qui peut mal se justifier tant le groupe semble sortir de nulle part. On comprend dès lors que cela puisse susciter des jalousies ou des critiques quand on sait le nombre de groupe qui galèrent pour exister. Mais, tout simplement, Bovary a eu de la chance. Est-ce que la chance est condamnable ? Non, bien sur que non.

2030, album enregistré en cinq jours, ne devrait pas souffrir les critiques de ceux qui leur reproche d'avoir décroché le jackpot sur la foi d'un seul titre. En effet, 2030 n'est pas un brûlot sans contenu. L'envie est là, les morceaux ne sont pas construit dans l'à peu près. On y entend un trio efficace, intelligent, jamais putassier et qui, surtout, ne doit rien à personne et peut largement se permettre de ne rendre de comptes à personne. Les onzes titres de l'album se tiennent parfaitement et même si le groupe a de l'ambition (il y a qu'à lire la note de presse pour s'en rendre compte) ils ont probablement conscience qu'ils ne bousculeront pas les habitudes rock'n'rollesques de notre temps. Ce qui compte, finalement, c'est cette joie communicative de faire du pop-rock sans être crispé tout en donnant le sentiment d'être une copie des grands frères anglo-saxons. Bovary s'en fout probablement tant le genre s'est démocratisé en démolissant bien des complexes. La grande chance de Bovary c'est d'avoir assimilé cela et ils s'en servent comme d'une force inarrêtable. Reste à savoir jusqu'où les parisiens sont capables d'aller.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 10-02-2011

A voir également :

http://www.myspace.com/bovarytheband

?>