.:.Chronique.:.

Pochette

Charrier, Charles-Eric

Silver

[Experimedia::2011]

|01 21 Echoes Short|02 12 FRom|03 6 l|04 9 Moving|05 9 (8) Electricity|

Un jour, Charles-Eric Charrier m'avait confié qu'il souhaitait arrêter la musique. Il ne trouvait plus de sens à ce qu'il faisait, que tout cela était vain, que c'était beaucoup d'énergie dépensée pour rien et pensait qu'il était temps pour lui de passer à autre chose. La déception est grande quand on sait ce que le gaillard a été capable de faire que ce soit dans Man, ses propres projets (Oldman, Charles C.Oldman...) ou ses collaborations (Rob Mazurek, Jérôme Paressant, Clogs, Rhys Chatam, The Floating Roots Orchestra, Sid Toure). Les mois ont passé et je retrouve Charles-Eric appaisé, plus serein et, surtout, à nouveau gagné par cette envie de jouer. A présent, c'est tout simplement le plaisir de créer qui prime chez lui. Le reste n'a plus vraiment d'importance. Et tel qu'on le connait, il ne se prive pas pour mettre sur pieds des albums toujours aussi iconoclastes. Ainsi on l'a d'abord vu réapparaitre sur le net-label Isolationism Records pour lequel il a fait deux albums (Accortiste et Fanfares). Cependant, celui dont il est le plus fier est sans doute Silver, projet qui a connu bien de péripéties avant d'être publié par le très bon label Experimedia. Elaboré avec Cyril Secq (Astrïd) et Ronan Benoit, masterisé par Taylor Deupree, Silver, purement instrumental est, une fois de plus, un album habité par les ambiances en clair-obscur. Non pas que Charrier fasse tout le temps la même chose (ce serait exagéré et, finalement, mal connaitre son travail) mais il semble aimer trouver l'inspiration dans ces atmosphères flottantes à mi-chemin entre le nocturne et la pleine lumière.

Silver semble être un disque feutré mais ce ne sont que les apparences car Charrier s'emploie à rajouter des distorsions, des éléments plus abruptes ou plus rêches afin que le disque soit autre chose que l'incarnation d'une musique d'habillage sonore. Bien entendu, Silver va plus loin que ce que l'on peut s'imaginer. Il accorde une grande importance aux vagabondages, ce genre d'instants uniques où l'on reste seul avec soi même et pendant lesquels on peut se laisser aller à toutes les rêveries. Avec ses musiciens, Charles-Eric Charrier se pare d'habits sonores oniriques et fantasmagoriques qui laissent notre imagination se développer librement. Et c'est de cela dont il s'agit. La musique de Charles-Eric Charrier est libre, sans frontières, inventive et, surtout, elle ne se répète jamais, allant toujours de l'avant pour se réinventer à chaque fois. Il est inutile d'apposer des étiquettes sur la musique du nantais puisqu'elle appartient à aucune famille en particulier. Chacun pourra interpréter Silver comme il le souhaitera mais la meilleure chose à faire est de le prendre comme il vient, sans se poser de questions. Ce sera la seule manière de se l'approprier complêtement.

note : 8.5

par Fabien, chronique publiée le 04-02-2011

A voir également :

http://www.myspace.com/charlesoldman

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