.:.Chronique.:.

Pochette

Steffen, Karl-Alex

Les Traces

[PopkinMusic::2010]

|01 La force|02 Novembre 1931|03 Le bruit de mes pas|04 En sursis|05 Comme une promesse|06 L'exil|07 Près des berges du fleuve|08 La discorde|09 Funambule|10 Mon vieil ami|11 Les courbes de ton visage|12 L'espace d'un instant|

Après quelques escapades sur des formats courts (Billet Express, Le Coup Du Siècle), Karl-Alex Steffen avait enchanté son monde avec Le Grand Ecart, disque de pop savoureuse aux influences assurées (Erik Arnaud, Lush...). Trois ans ont passé et Karl-Alex Steffen ressurgit pour un projet plus ambitieux, celui du disque-concept dont on sait fort bien qu'il ne tolère pas vraiment les faux pas. Pour tout dire, Les Traces est un roman sonore où l'indie-pop, à tendance arty, s'invite pour narrer une histoire sur fonds de rivalité amoureuse, une guerre sans nom dans un lieux inconnu et qui tourne autour d'un héros déchu qui n'a plus que pour lui ses souvenirs. Karl-Alex Steffen incarne ce héros torturé auquel lui répond comme un écho Lila Tamazit qui n'aura de cesse de ressasser sa déception auprès dudit héros toujours en fuite et en proie à ses démons. Si le décorum s'articule autour d'une fresque historique on a plus l'impression que Karl-Alex Steffen nous parle de tous ces actes manqués qui font que nos vies sont différentes. Le personnage principal passe du statut de héros adulé à celui d'un homme honni, délaissé de tous, se réfugiant dans l'anonymat et decevant tous ceux qui ont cru en lui. Tragique destin. Mis dans le camp des vaincus, il ne s'en relèvera pas, choisissant l'exil plutôt que de faire face.

Ainsi, dans Les Traces, Karl-Alex Steffen ne se donne pas le beau rôle et on hésite franchement à s'apitoyer sur son sort. Chacun sera juge de l'attitude de chacun des personnages. Ceci étant, musicalement parlant, Karl-Alex Steffen évite bien des pièges. On sentait le coup venir. Cela aurait pu vite tourner au vinaigre, se transformer en comédie musicale à la Dove Attia. Le genre de frisson qui vous met rapidement en syncop et qui provoque des dommages irréparables à votre cerveau. Cependant, c'est assez mal connaitre Karl-Alex Steffen pour craindre une telle bérézina. Bien évidemment, nous sommes loin de tout cela. On assiste même à un durcissement de ton. Il faut dire que notre homme déclare avoir été influencé par Sonic Youth et Diabologum pour mettre sur pieds cet album. Mais on ne s'arrête pas là car il avoue également des connexions avec Alain Bashung, Serge Gainsbourg ou Lou Reed. Il faut donc se montrer à la hauteur. Il serait présomptueux pour Karl-Alex Steffen de dire qu'il les égale mais, au moins, il suit avec fidélité leur sillage tout en apportant sa touche personnelle. On aurait peut-être aimé une plus grande prise de risques mais on se contente volontiers de ce qui nous est présenté avec Les Traces. Un bon disque qui confirme les excellentes impressions laissées par le passé.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 25-01-2011

A voir également :

http://www.karl-alex-steffen.com/

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