.:.Chronique.:.

Pochette

Friedlander , Erik

50 Miniatures for Improvising Quintet

[Skipstone Records::2010]

Membre du Masada String Trio (et de plein d'autres formations au passage), Erik Friedlander n'est pas n'importe qui. Sous son propre nom il a publié la plupart de ses disques sur le label de John Zorn, Tzadik. Quand on sait que ce dernier n'ouvre pas ses portes aux premiers venus... Pour autant c'est avec Maldoror, disque édité par Brassland, que j'ai découvert le violoncelliste en 2003. J'y découvrais un musicien singulier, pas toujours facile à suivre mais dont on reconnait volontiers la profondeur et la vivacité d'esprit. Pour ce nouvel album le met encore à l'épreuve en mettant sur pieds cinquante miniatures musicales qui ont été inspiré par Nun, la quatorzième lettre de l'alphabet hébreu. Ceci dit ce disque a surement connu une influence inattendue. En effet, comme Friedlander le relate sur son site, cet album a été composé alors que son auteur traversait une période personnelle difficile. Le seul moyen pour lui de tenir le coup fut de "s'immerger" dans la composition et mettre sur pieds ce disque qui, de plus en plus, devait apparaitre comme une boué de sauvetage. L'enregistrement, par contre, n'a pas été de son seul fait, puisqu'il s'est entouré de Jennifer Choi (violon), Sylvie Courvoisier (piano), Trevor Dunn (basse) et Mike Sarin (percussion). Là encore, nous sommes loin du menu fretin.

La plupart du temps considéré comme un artiste klezmer, il apparait évident que Erik Friedlander est bien plus que cela et que ces 50 Miniatures... ne peuvent être résumées en un seul genre. En effet, Friedlander s'est attaché à y intégrer des formes jazz (dans ses formes les plus improvisées) ainsi que de fortes influences liées à la musique contemporaine. Même si la structure de ce disque (divisé en sept parties de sept pièces plus une toute dernière qui conclue le tout) a pour base un passage précis de la bible et qui peut être associée à la Kabbale, chacun pourra se donner une interprétation de la musique jouée par le quintet. En effet, celui-ci prend une multitude de chemins afin que puissent s'ouvrir ces "portes de la compréhension". Ainsi, chacun y pourra y voir ce qu'il veut. Ce sera une histoire de ressenti finalement. Ce qui est certain, c'est qu'ici le quintet joue avec précision mais sans donner l'impression d'un académisme sans âme. Quand on connait le contexte de création de 50 Miniatures... on ne peut que savourer pleinement la performance. Une oeuvre belle, multi-facette, facétieuse, incarnant la vie avec splendeur. Erik Friedlander a surmonté ses angoisses pour nous offrir un disque aux humeurs changeantes et imprévisibles.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 21-01-2011

A voir également :

http://www.myspace.com/erikfriedlander

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