.:.Chronique.:.

Pochette

Royal Trux

Royal Trux / Twin Infinities / Royal Trux (Skulls) / Cats & Dogs

[Domino::2010]

Quitte à rééditer les disques de Royal Trux autant en ressortir plusieurs d'un coup et autant qu'on commence par les quatres premiers. Faisons les choses dans l'ordre. En même temps, Domino s'est concentré sur ces quatres albums qui ont le plus forgé la réputation du duo américain. En effet, car après Cats & Dogs, Royal Trux ayant signé sur Virgin, ne remportera pas la gloire à laquelle ils étaient promis. Trop tordus pour un public plus large ? En tout cas il aurait été difficile de les faire accepter auprès de la masse même si après la deuxième partie des années 90, Royal Trux avait un peu perdu de son mordant sans s'être renié pour autant. Il faudra donc prévenir que ceux qui aiment les lignes claires, les mélodies arrondies et les productions proprettes que s'aventurer dans le monde de Royal Trux relève de l'épreuve. Pour eux, Royal Trux et Twin Infinities seront pratiquement inécoutables. Le premier, enregistré sous influences psychotrope, est fait de collages bruitistes oeuvrant pour une forme de rock déstructuré et distandu. Le second ira plus loin dans le délire noise, à la limite du dadaïsme et dont le long morceau (plus de 15 minutes) (Edge of the) Ape Oven a été comparé en son temps au Trout Mask Replica de Captain Beefheart. Mais cette comparaison est un peu limitative car Royal Trux, à cette époque, répond comme un écho aux efforts d'un Jad Fair au sein de Half Japanese ainsi que ceux, plus lointains, de Throbbing Gristle.

C'est peut-être parce qu'ils avaient senti qu'ils étaient allés aussi loin que possible dans le genre avec Twin Infinities que Neil Hagerty (ex-Pussy Galore tout de même) et Jennifer Herrema sont revenus, avec leur troisième album, vers des considérations musicales plus classiques. Enfin, ce sera vite dit, car il n'y a jamais rien eu de classique dans la démarche de Royal Trux. Si, celui qu'on appellera aussi Skulls par rapport aux ossements présents sur la pochette, est plus mélodique voir à fort penchant stonien (idée qui obsède Hagerty depuis au moins Pussy Galore) il y aura toujours cette distorsion sonore, une forme parfois approximative mais qui leur évite de tomber dans la pire des banalités et de passer pour des copies carbones de la bande à Jagger. Cats & Dogs confirmera que Royal Trux aura abandonné leur furie sonique déstructurée tout en se montrant passionnant, sales et méchants. La transformation est nette mais elle semblait inévitable. Dès lors, Royal Trux s'est installé dans un rock aux allures plus classiques (la suite des évènements le confirmera d'autant plus) mais le duo est aussi passé à la postérité grâce à son intransigeance et sa capacité à distiller une musique aussi belle que sans concessions. Certains auront pu dire qu'ils avaient renié la musique de leurs débuts alors que rien n'est moins sur. Les mêmes lubies rock'n'rollesques du couple se retrouvent sur chacun de ces quatres disques. Il suffit un peu de tendre l'oreille. Quoi qu'il en soit ces rééditions sont plus que nécessaires à la compréhension du rock d'aujourd'hui.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 19-01-2011

A voir également :

http://www.dominorecordco.com/artists/royal-trux/

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