.:.Chronique.:.

Pochette

Woodman, Arch

Mighty Scotland

[Monopsone::2010]

|01 Waves|02 Five Blessings|03 Duities and Fruities|04 Drive Drive Drive|05 Tricks|06 From Those Lands|07 This Is the Why|08 True When Shared|09 Tiny Dangers|10 Three Weeks and a Painted Wall|

On savait bien qu'il en était capable. Ce n'est pas que ces précédentes réalisations ne valaient rien, bien au contraire, mais on sentait qu'Arch Woodman, Antoine Pasqualini au civil, aurait eu les moyens d'élever son niveau pour nous présenter un Mighty Scotland qui apparait de plus en plus comme le véritable départ de sa jeune carrière. Certes, Draped Horse Blue Licorne Argenté Feather Blue avait posé les bases, avait été remarqué (chez nous ou ailleurs, peu importe) comme un disque plein de promesses et on salivait vraiment d'avance à ce que Arch Woodman nous préparait dans le plus grand des secrets. En cela, Mighty Scotland dépasse même toutes nos espérances. En deux années le parisien a eu largement le temps de peaufiner ses morceaux et de leur donner une âme qui parvient à rendre votre quotidien acceptable. Mighty Scotland n'est pas un disque thérapeutique, il est tout simplement une oeuvre aboutie et terriblement belle. En définitive, il est clair que notre homme a approfondie et a poussé la logique de Draped Horse Blue... afin de créer un album aux multiples visages mais qui garderait comme principe de base un song-writing inventif et largement émotionnel.

Car c'est bien cela dont il s'agit. Une émotion palpable, maîtrisé sur la foi d'une écriture souple et qui appuie aux moments les plus opportuns. C'est ce qui nous fait dire que Antoine Pasqualini est loin d'être un idiot et s'il n'est pas le premier à élever le song-writing au rang de science il est, au moins, l'un de ses plus beaux représentants. Se lovant dans cette posture, Arch Woodman arrive à faire des miracles. Certes, ses chansons ne sont pas sans rappeler d'autres auteurs, Jim O'Rourke en tête, mais le bonhomme sait manier les mélodies et leur donner un sens qui les différencie de la normalité ambiante. Une pop moderne, savante, alambiquée, organique, noisy également. Arch Woodman n'arrive pas à se décider ou, plutôt, ne veut pas se décider. Il s'approprie tout ce qui lui semble coller avec son identité et opère une greffe qui ne subit aucun rejet. C'est là que la magie de Arch Woodman se met en évidence. Elle se voudrait soigneuse mais ne parvient pas à s'y résoudre totalement. De ces indécisions naissent des instants de pure bonheur car Mighty Scotland est disque tout simplement touchant et qui n'a pas besoin d'en faire plus pour convaincre. Ecoutez et admirez.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 09-01-2011

A voir également :

http://www.myspace.com/archwoodmanntimber

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