.:.Chronique.:.

Pochette

Wavves

King of the Beach

[Bella Union::2010]

|01 King of the Beach|02 Super Soaker|03 Idiot|04 When Will You Come|05 Post Acid|06 Take on the World|07 Baseball Cards|08 Convertible Balloon|09 Green Eyes|10 Mickey Mouse|11 Linus Spacehead|12 Baby Say Goodbye|

Après avoir fait couler beaucoup d'encre avec son album précédent, Nathan Williams nous revient avec un King of the Beach qui est sans doute un peu moins aggressif mais qui n'est pas moins l'oeuvre d'un doux illuminé. De fait, si on a bien essayé de la faire passer pour un fieffé escroc, un misérable et insolent garnement, un inutile plagiaire supplémentaire, il faudra bien s'y faire, l'homme qui se tient derrière le pseudonyme de Wavves est toujours là et risque de continuer encore quelques temps à faire grincer des dents. Pour autant King of the Beach se veut nettement plus acceptable, dans le sens où Wavves se veut un peu plus propre, employant moins de fuzz et laissant entrer plus de soleil dans les boites craniennes. De plus l'apport des anciens compagnons de route de feu Jay Reatard, à savoir Billy Hayes (batterie – à noter qu'il a par la suite abandonné l'aventure remplacé par Jacob Cooper) et Stephen Pope (basse), est sans doute pour quelque chose d'un peu mieux construit et d'un peu moins naïf. Avec son premier album on aurait pu croire que c'était un coup de chance, celle du débutant qui n'a peur de rien et qui ne calcule rien. L'erreur est monumentale car le bonhomme a beaucoup plus de ressources que prévu. Mené tambour battant, King of the Beach est un album bien plus futé qu'il n'y parait. Williams garde une âme juvénile, certes, mais cela reste pour la façade car il y a nettement plus de profondeur dans ce qu'il fait.

En effet, les morceaux de ce disque sonnent souvent juste et font preuve d'une maturité craneuse dont qu'on ne souhaitait pas soupçonner. Car, oui, comment croire qu'un tel branleur, puisse atteindre, deux fois de suite, un tel niveau d'excellence ? Enfin, entendons-nous, ce niveau n'est pas fait que pour une élite, bien au contraire. Disque aux relents sixties (on pense aux Beach Boys et autres groupes du même accabit), une pincée de psycho, une autre de power-pop, gardant au passage quelques éléments du précédent opus, Nathan Williams ne se refuse pas grand chose et met sur pieds un mix du tout avec une certaine maîtrise. Alors évidemment, cela peut paraitre agaçant, frustrant même car quand on écoute bien King of the Beach on ne peut plus douter que l'américain ait du talent et qu'il le sait plus que n'importe qui d'autre. Déjà qu'il a la grosse tête et qu'elle a du mal à passer à travers les portes, tant qu'il fera des disques de cette ampleur il y a fort à parier que le terme "humilité" ne fera pas parti de son vocabulaire. En même temps un album humble de Wavves ne serait plus vraiment un album de Wavves.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 08-01-2011

A voir également :

http://www.myspace.com/wavves

?>