.:.Chronique.:.

Pochette

Marquises, Les

Lost Lost Lost

[Lost Recordings::2010]

|01 Only Ghosts|02 La Terra Trema|03 Sound And Fury|04 This Carnival of Lights|05 Comme nous brûlons|06 Terrible Horses|

Ce qui a le plus marqué dans les chansons de Jacques Brel c'est ce côté dramatique, cette façon de présenter l'âme humaine comme si on pouvait la lire comme un livre ouvert. Si Jean-Sébastien Nouveau (Immune, Recorded Home, Colo Colo) et ses deux comparses Jordan Geiger (Shearwater, Minus Story, Hospital Ships) et Jonathan Grandcollot (Pan Pan Pan, Robe Et Manteau) ont choisi de se donner le nom de Les Marquises c'est peut-être à cause de cela. Leur musique, elle aussi, dégage ce genre de sentiment que l'on n'ose pas garder pour soi mais que l'on fait éclater à la face du monde comme une vérité qui devait être dîtes. Cependant, la comparaison s'arrête ici car, musicalement parlant le belge et le groupe franco-américain n'ont strictement rien à voir et Lost Lost Lost, qui ne comporte que six titres, est largement inspiré par l'oeuvre graphique de l'artiste américain Henry Darger dont la complexité l'a rapproché de l'Art Brut et de ce qu'on a appelé l'Outsider Art.

En parlant d'outsider, Les Marquises endossent aisément ce rôle, surtout que Lost Lost Lost leur permet de prétendre à ce titre tant le disque impressionne. Il impressionne car sa beauté mélancolique, complexe et tortueuse, est des plus expressive, s'imprègne d'un univers quasi onirique qui baigne dans une lumière qui oscillent entre l'aveuglant et le pâle. Les Marquises ne cherche pas l'évidence mélodique mais plutôt une forme plus élaborée qui fait appel à des sentiments enfouis et qui peuvent remonter loin dans le temps. En effet, on a ce sentiment que Lost Lost Lost n'est pas de cette époque, qu'il s'est échappé d'un autre siècle, atterissant en 2010 pour tentet de recréer un monde perdu ou fantasmer avec les moyens que la modernité peut lui offrir. De fait, Lost Lost Lost n'est par forcément une oeuvre qui s'apprivoise facilement mais sa richesse sonore et sa force émotionnelle vous font franchir toutes les barrières. Ce disque fait alors penser à ces quelques vers de Rimbaud :" Elle est retrouvée ! / Quoi ? L'éternité. / C'est la mer mêlée / Au soleil." On ne peut pas faire plus évocateur.

note : 8.5

par Fabien, chronique publiée le 30-12-2010

p.s. : Merci à Max Kuiper.

A voir également :

http://www.myspace.com/lesmarquises

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