.:.Chronique.:.

Pochette

Whitman, Keith Fullerton

Disingenuity b/w Disingenuousness

[Pan::2010]

|01 Disingenuity|02 Disingenuousness|

Sur Liability on avait découvert Keith Fullerton Whitman avec Yearling, album qu'il avait conçu en compagnie de Greg Davis, mais, on le sait, l'homme a eu une grosse activité sous son propre nom, évidemment, mais aussi sous celui de Hrvastki ou El-Ron et au sein de formations comme The Liver Sadness ou The Finger Lakes. De fait, Whitman a été amené à publier des disques sur différents labels et non des moindres (Kranky, Planet Mu, Carpark, Leaf, Autumn Records). Comme tous les artistes qui agissent, comme lui, en électron libre, Keith Fullerton Whitman n'est pas attaché spécialement à une structure d'édition en particulier. C'est pour cela qu'on le retrouve sur le label allemand Pan sur lequel on retrouve Evan Parker, John Weise, Ilios, Mark Durgan, Billy Bao et plein d'autres. Vu le pedigree de ces derniers, le néophyte devinera aisément que Whitman ne fait pas dans la musette. Son champs d'exploration réside dans des sources électroniques analogiques diverses, le field recording, l'ambient et le krautrock. Whitman n'a jamais vraiment dérogé à cela et les deux longues pièces qu'il nous présente ici sont assez symptomatique de ce qu'il fait depuis de nombreuses années.

Ainsi, Disingenuity et Disingenuousness dévoilent-ils tout ce que Whitman a exploré sans avoir eu de réponses ni de formules définitives. La musique électronique à tendance expérimentale est sans limites et l'américain, comme beaucoup d'autres d'ailleurs, l'a parfaitement compris. C'est peut-être pour cela qu'il poursuit ses constructions sonores aussi abstraites et incongrues soient-elles. De fait, il est inutile de décortiquer ces deux morceaux tant ils sont changeant et déstructurés. Sur ce dernier point, la destructuration selon Whitman est un art qui ne veut pas dire faire n'importe quoi. Nous écoutons ici une destructuration organisée où chaque son a son utilité et est placé de manière à ce celle-ci occupe tout l'espace sans laisser de place à la moindre respiration. Enfin cela est surtout vrai pour Disingenuity. Disingenuousness, lui, est plus orienté vers échappées électroniques psychotropes qu'on a connu en Allemagne dans les 70's. C'est le côté krautrock de Whitman qui ressort ici. On pense évidemment à Klaus Schulze mais pas seulement. Plus claire dans sa "trame mélodique", Whitman développe ici un morceau plus spatial mais pas moins complexes. Les longues nappes électroniques claires ne font pas parti de son répertoire. C'est ce qui fait que cette composition, comme la première de l'album, n'a rien de linéaire mais offre une orientation plus aléatoire, géométrique. Dans le genre, il s'avère difficile de faire mieux.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 22-12-2010

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http://www.keithfullertonwhitman.com/

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