.:.Chronique.:.

Pochette

LeBlanc, Dylan

Paupers Field

[Rough Trade::2010]

|01 Low|02 If Time Was For Wasting|03 If The Creek Don't Rise|04 Tuesdays Night Rain|05 Emma Hartley|06 Ain't No Good at Loosing|07 Changing of the Seasons|08 5th Avenue Bar|09 On With the Night|10 Coyote Creek|11 Death of Outlaw Billy John|12 No Kind of Forgiveness|

Le problème avec la country c'est qu'elle peut se révéler très pénible quand elle se met à ressasser les mêmes poncifs, la faisant apparaitre comme une musique vieillote, réservée aux kermesses du fin fonds du Texas, et qui a du mal à passer les années sans susciter un profond ennui. Ainsi faites, la musique country ne serait plus adressée qu'à une génération dépassée par son présent et se réfugiant dans des schémas sonores rassurants. Cependant, on sait bien que la musique folk américaine a su faire sa mutation et s'est transformée de multiples manières mais il y a toujours des tenants de la vieille école. Ce qui est étonnant c'est que ce soit un jeune homme de vingt ans qui soit l'un des meilleurs représentant de cette country canal historique. Usant du slide jusqu'à plus soif, Dylan LeBlanc est on ne peut plus classique et même si certains se sont risqués à le comparer à Nick Drake, c'est bien vers d'autres horizons plus américanisés que le bonhomme est tourné. Le fait qu'il soit old school n'est pas une tare en soit, LeBlanc délivrant même des morceaux d'une solide maturité mais il traine aussi derrière lui de gros clichés, quelques formules faciles et largement éprouvées par le passé.

On vous dira alors que Paupers Field est un beau et bon disque. Sans doute parce qu'il ne se risque pas à sortir des sentiers tous tracés et qu'il reste fidèle à une certaine idée de la country. On applaudira parce que le risque est bien calculé et que, là aussi, dans son conservatisme, il rassure les honnêtes gens. Dans le fond, Paupers Field n'est sans doute pas un mauvais album, une bonne moitié étant d'un très bon niveau. Malheureusement, l'autre moitié est plus anecdotique, moins porteuse d'une vérité mélodique qui pourrait faire passer ce disque pour un classique intemporel. Pour autant, Dylan LeBlanc est encore jeune et a surement le temps devant lui pour accoucher de cette pierre angulaire qui le fera basculer parmi les intouchables. Pour le moment, Dylan Leblanc pose les bases de son art et l'homme a, à l'évidence, de grosses qualités. On se doit donc d'être vigilant, de garder une oreille ouverte et attentive car l'américain, magnifique contraire d'un Will Oldham ou d'un Bill Callahan, est certainement plus qu'un arrondisseur d'angles. Affaire à suivre.

note : 7

par Fabien, chronique publiée le 20-12-2010

A voir également :

http://www.myspace.com/dylanstunesmusic

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