.:.Chronique.:.

Pochette

Allen, Cory

Hearing Is Forgetting The Name Of The Thing One Hears

[Quiet Design::2010]

|01 HIF.1|02 HIF.2|03 HIF.3|04 HIF.4|05 HIF.5|

Deux ans après un The Fourth Way de toute beauté, Cory Allen nous revient avec un nouvel album qui présente une musique apaisée et tonale. Un changement de direction par rapport à ce qu'on connassait de lui mais peu importe car rester les deux dans le même sabot pendant trop longtemps peut finir par nuire et donner le sempiternel sentiment de se répéter. Construit sous le même moule, les cinq morceaux de Hearing... semblent être identique mais, à bien écouter, ce n'est que leurs formes qui le sont. La trame de ces pièces apparaissent plus aléatoire, plus basée sur une improvisation lente et enveloppée d'une luminosité embrumée, une clarté cotonneuse. Cependant, le problème avec ce genre de disque c'est qu'on a parfois l'impression d'une certaine monotonie. Sous ses aspects un peu neutre, où le détachement est total, on se dit que tout se ressemble ici et que Hearing... ne se donne pas beaucoup les moyens pour surprendre l'auditeur. L'idée n'est pas totalement fausse. Nous avons ici cette suite de titres qui ne diffèrent pas vraiment les uns des autres et dont les variations sont faibles et difficilement perceptibles. La lenteur qui s'est imposé y est sans doute pour beaucoup. Hearing... se veut plus comme un disque à teneur onirique qui se distingue par sa volonté de non rythme et d'une graduation limitée.

Pour autant est-ce que l'on peut classer ce disque dans la nébuleuse ambient ? On tenté de répondre par l'affirmative mais Cory Allen ne se place pas dans une ambient classique faites de nappes et de drones. Sa musique tintinnabulante forme, finalement, un tout même si Allen a choisi de la diviser en cinq pistes. Il y a comme une suite logique, une seule et même idée déclinée et mis bout à bout pour créer une unité globale. L'expérience est à double tranchant. Soit on se lasse assez rapidement, soit on se laisse porter par les dérives somnanbules de l'américain. La deuxième solution est sans doute la meilleure même si on sait que ce disque n'est pas sa meilleure livraison. Allen se devait de tenter l'expérience. De là à dire qu'elle soit totalement réussie, il y a un pas qu'on ne saurait franchir. Pour autant, ce disque n'est pas non plus un ratage. Il se trouve à mi-chemin, apparaissant comme un disque acceptable qui mérite d'avoir un successeur qui puisse approfondir la chose et aboutir à quelque chose de plus solide.

note : 6.5

par Fabien, chronique publiée le 12-12-2010

A voir également :

http://www.cory-allen.com/

http://www.quietdesign.us/

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