.:.Chronique.:.

Pochette

Third Eye Foundation, The

The Dark

[Ici D'Ailleurs...::2010]

|01 Anhedonia|02 Standard Deviation|03 Parcidolia|04 Closure|05 If You Treat Us All Like Terrorists We Will Become Terrorists|

On dit généralement de Matt Elliott que c'est l'un des génies de ces dernières années. Si on veut. On luit doit au moins une poignée de beaux albums sortis sous son propre nom mais, surtout, c'est sous l'identité de The Third Eye Foundation qu'il a marqué les esprits. Un projet qu'il a mis en sommeil depuis au moins I Poo Poo On Your Juju et duquel il a été tiré de manière très sporadique. Du coup on n'attendait rien de vraiment spécial de la part de Matt Elliott à ce sujet. On savait que The Third Eye Foundation n'était pas enterré ad vitam eternam. Alors le revoir resurgir aujourd'hui est sans doute une bonne nouvelle mais pas la suprise du siècle tant on se doutait que cela arriverait un jour ou l'autre. C'est désormais chose faite avec The Dark, album composé de cinq titres hallucinés, instants électroniques irréels, lunaires, fantasmagoriques ou tout simplement épiques. C'est sans doute avec des disques comme celui-ci que l'on renforce l'idée que Matt Elliott est quelqu'un d'à part et que même si il est ici épaulé par Chapelier Fou et quelques autres, il se montre comme un personnage hors mode qui créé une musique labyrinthique pour ne pas dire schizophrène. Mais que cela ne soit pas un frein. The Dark, comme ses efforts précédent, est un disque passionnant, dont les morceaux s'imbriquent les uns aux autres pour ne former qu'une pièce unique et où les idées sonores, les voix, les mélodies s'enchevètrent d'une manière surnaturelle.

C'est bien de cela dont il s'agit. The Dark n'a rien d'un disque normal. Il n'y a qu'à se plonger dans des morceaux comme l'abyssal Standard Deviation ou le fantomatique Anhedonia pour se rendre compte qu'il sera difficile d'apprivoiser cet album. Pourtant, rien n'est impossible et The Dark ne se refuse pas forcément à nous si on consent à faire quelques efforts. Une fois ces efforts fait on pénètre dans un monde foisonnant, fantastique, véritable maelström sonore, parfois un peu trop répétitif mais qui sait déformer les lignes d'horizon trop droites. Matt Elliott a fait le choix d'un disque difficile, non consensuel et qui risque de ne pas être compris de tous. Même si un morceau comme Closure semble jouer l'apaisement (et encore...), The Dark est un disque qui tombe sans retenue dans une sorte de folie torturée qui laissent venir à elle tout ce qui pourrait l'alimenter. Ceux qui aurait pu croire qu'un retour aux affaires après dix ans de quasi silence aurait adoucis les moeurs de The Third Eye Foundation en seront pour leurs frais. Pour le moment, il est difficile de dire si The Dark est un disque majeur. Une réussite, surement, mais seul le temps nous dira si on peut le mettre sur le même pieds d'égalité qu'un disque comme Ghost.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 06-12-2010

A voir également :

http://www.myspace.com/thethirdeyefoundation

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