.:.Chronique.:.

Pochette

Aun

Black Pyramid

[Cyclic Law::2010]

|01 Phoenix|02 Taurus Ten|03 Black Pyramid|04 Ursa Major|05 2095|06 Ursa Minor|07 Shining|

Dans la sphère des musiques sombres et abyssales, Aun fait figure d'un des nouveaux messies du genre et, comme par hasard, ils publient leur tout nouvel album sur un des plus beaux label qui soit, à savoir Cyclic Law. Sans doute une consécration pour le duo canadien (bien que leurs précédents effort soient parus sur des labels non moins négligeables comme Important, Alien 8, Crucial Bliss ou Oral) qui devient concrète avec ce Black Pyramid qui apparait de plus en plus comme la pierre angulaire de leur toute jeune carrière. A l'évidence, Aun est en train de passer un cap et son dark ambient, aussi organique qu'apocalytpique, prend une dimension monolithique fascinante. Sorte de léviathan angoissant, Black Pyramid explore les limbes mais sans être neutre. Souvent, les longues nappes, profondes et pesantes, ont une forte propension à mettre de la distance, relégant l'auditeur, et parfois même l'auteur, à un rôle qui peut devenir un peu frustrant. Ici, Aun, se veut plus acteur qu'observateur, construisant, sculptant minutieusement des pièces angoissantes où la lumière succède à la noirceur et inversement. Inspiré par l'oeuvre de Enki Bilal (sans doute la Trilogie Nikopol), Aun n'impose aucune netteté, met en évidence une musique totale, vivante car imparfaite. En effet, au delà des vagues électroniques sécrétées par Julie Leblanc, cette dernière et Martin Dumais ajoutent et rythment des spectres sonores qu'ils soient fait de field recordings, de guitare, de violon ou de différents substrats électroniques.

De fait, ce disque est d'une humeur inquiétante. Aussi inquiétant que cette pyramide qui trône, impertubable, mystérieux, opaque, surgit de nulle part, imposant sa présence au monde laissant à ceux qui la voient une totale liberté d'interprétation, malgré la menace. Aun, à mi-chemin entre le mystique et l'anticipation, ne se donne pas vraiment de limites. Leur musique, contrairement à ce qu'on pourrait pu penser, n'est pas cloisonnée et le duo refuserait sans doute l'étiquette de dark ambient en ce qui les concerne. Manifestement, un album comme Black Pyramid va au-delà, dépasse les cadres du genre, flirte avec le doom ou l'industriel, creusant un sillon qui ne peut que satisfaire les curieux et ceux qui se sentent attirés par les musiques en immersion. Aun nous sort donc un disque magistral, digne des plus grandes performances du label canadien. En tout cas, le groupe confirme tout le bien que l'on pensait d'eux et donne à Motorsleep, disque déjà d'une très belle tenue, un séduisant successeur. Aun déploie une aura qui n'a rien pour rassurer mais son évocation d'un monde post-industriel à la Bilal, son orientation nocturne et labyrinthique génère un intérêt grandissant. Assurément, Aun est devenu incontournable et s'est ouvert des possibilités innombrales. Aun est un nouveau soleil. Noir, évidemment.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 05-12-2010

A voir également :

http://www.myspace.com/aundrone

?>