.:.Chronique.:.

Pochette

Vazquez, Duran

Laissez Faire, Laissez Passer

[R.O.N.F. Records::2010]

|01 The Industry|02 Propaganda|03 The War|04 The Speed Tunnel|05 Tremores|06 The Sonic Caterpillar|07 Gyps Fulvus|08 Recordos|09 Singing Angry Birds|

Alors qu'on avait fait la connaissance de Duran Vazquez par le biais des productions du label portugais Cronica, on ne s'étonne guère de voir l'espagnol étendre ses activités bruitistes et expérimentales à d'autres structures. Pour Laissez Faire, Laissez Passer, Vazquez a trouvé refuge chez les fous furieux de R.O.N.F. qui distille depuis quelques années des déflagrations noises aux quatres coins du monde. Laissez Faire, Laissez Passer offre un mélange d'expérimentations diverses, d'épanchements bruitistes, de nappes sombres sans que cela puisse être perçu comme une cacophonie informe. Certes, comme souvent dans ses cas là, il faut pouvoir adopter une concentration et un ligne de lecture tout à fait particulière pour percevoir le sens donné à la musique de Duran Vazquez. Ce dernier nous livre neuf pièces aussi abruptes qu'opaques. La lumière peine à percer et, au fur et à mesure du disque, on semble plonger de plus en plus dans les ténèbres. Alors oui, comme l'intime Duran Vazquez il est de bon ton de laisser faire et de laisser passer ces expériences sonores mêmes si, parfois, elles apparaissent comme agressives. En effet, leur force réside dans cette capacité à évoluer comme des électrons libres. Ne suivant jamais un chemin pré-défini les morceaux de Laissez Faire, Laissez Passer évoluent dans un monde hostile et il est évident qu'il ne pourrait en être autrement.

Tout cela semble quelque surnaturel, dépassant les limites de la normalité. Pourtant, et comme souvent dans ce genre d'exercice, c'est bien cette forme de bizarrerie, cette abstraction totale, aussi brutale qu'elle puisse être, qui finit par attirer et fasciner. Duran Vazquez démontre ici qu'il fait parti de ces bâtisseurs sonores qui savent sculpter et ciseler leurs compositions. Cependant, sculpter et ciseler ne veut pas dire pour autant qu'il y a derrière tout cela une trop grande netteté. En effet, chez Duran Vazquez les sons n'ont jamais une apparence clinique et ils ont toujours, du moins sur ce disque, une résonance particulière et un peu sale qui rend l'ensemble tout à fait inquiétant. Il n'y a rien de hasardeux dans les choix de l'espagnol même dans ses penchants les plus bruyants. C'est pour cela qu'on peut lui attribuer des qualificatifs qui ont attrait à la précision. Ainsi, Laissez Faire, Laissez Passer est une oeuvre libre mais sous contôle, opaque mais enrichissante. Une oeuvre sans doute ambigue mais qui nous met sous influence.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 14-11-2010

A voir également :

http://www.myspace.com/durnvzquez

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