.:.Chronique.:.

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Interpol

Interpol

[Matador::2010]

|01 Success|02 Memory Serves|03 Summer Well|04 Lights|05 Barricade|06 Always Malaise The Man I Am|07 Safe Without|08 Try It On|09 All Of The Ways|10 The Undoing

Auteur de deux grands albums, puis d'un flop, Interpol n'a eu de cesse de nous décevoir. Capables du meilleur (Turn On The Bright Light – 2002) comme du pire (Our Love To Admire – 2007), les Dandy New Yorkais semblent avoir perdu depuis la fin des années 2000 leur esprit de cohésion. Comme en témoignent leurs dernières prestations scéniques, où chaque membre jouait isolé dans son coin. Pourtant, qui mieux qu'Interpol savait le mieux pourrir, avec une maitrise implacable, nos sentiments les plus doux ? Ces génies du mal, oeuvrant à déchirer nos âmes, puis faire couler nos larmes passèrent maîtres dans l'art de la torture purificatrice, de l'expression de l'heureuse tristesse.

Mais oublions nos à priori et les vieux regrets du passé, d'autant plus que le guitariste Daniel Kessler, prenant note des critiques nous certifie qu'il s'est employé de manière ascétique à trouver le bon timbre pour sa guitare, s'enfermant plusieurs jours dans son loft. De plus, étant donné le départ du bassiste, c'est l'arrivée du fameux David Pajo, ancien guitariste de Slint (groupe précurseur du post-rock dans les années 80), au sein de la formation actuelle qui a été annoncée en juin dernier. Passé le chapitre des bonnes nouvelles, faut-il voir de cet album éponyme, un nouveau départ pour Interpol ?

De manière générale, ce dernier opus n'est pas un mauvais album. Memory Serves renoue avec la magnificence qu'une ballade peut nous proposer, la voix profonde de Paul Banks, capable de bouleverser la teneur d'un morceau s'immisce dans l'élégant bruissement des guitares. Dans Try It On, les claviers au premier plan permettent d'ouvrir de nouvelles perspectives, plus entrainantes. Dans la continuité de l'album solo de Julian Plenti, pseudonyme du blondinet Paul Banks. L'univers du groupe, toujours aussi sombre, ne s'enfonce pas dans la pure mélancolie et nous offre de bonnes chansons : la plaintive Lights, l'hymne Barricade, ou encore Safe Without et son séduisant riff. En vérité, ce qui énerve est cette récente direction artistique qui se ressent dans certains titres : certaines structures sont élaborées à partir de motifs de guitares ennyeuses, parfois mêmes incohérentes vis à vis des constructions rythmiques. Avec la sortie d'Interpol, dont le titre suggère sans doute l'envie d'un retour aux sources, Daniel Kessler et sa bande ne nous offrent pas une décevante production de plus mais plutôt un album de bonne facture. Certes, ce n'est effectivement pas le disque tant attendu, mais ce n'est surement pas un album mémorable, aussi déchirant qu'Antics, par exemple. On s'en contentera.

note : 6

par Baptiste, chronique publiée le 27-10-2010

A voir également :

http://www.myspace.com/interpol

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