.:.Chronique.:.

Pochette

Reich, Steve

Double Sextet / 2x5

[Nonesuch::2010]

|01 Double Sextet I : Fast|02 Double Sextet II : Slow|03 Double Sextet III : Fast|04 2x5 I : Fast|05 2x5 II : Slow|06 2x5 III : Fast|

Une oeuvre de Steve Reich est reconnaissable entre mille. Dès les premières notes on sait à qui on a affaire et on écoute avec un profond respect les dernières créations de l'auteur de Drumming et de Music for 18 Musicians. L'un des précurseurs du minimalisme contemporain, aux côtés de Philip Glass, John Adams ou Michael Nyman, nous présente deux oeuvres distinctes (Double Sextet et 2x5) réunies sur le même disque. Double Sextet, tout d'abord, a été conçu, comme son nom l'indique, pour deux sextuors (flûte, clarinette, piano, vibraphone, violon et violoncelle). On retrouve ici, les obsessions de Reich, sa manière si particulière d'approcher la musique, faite de répétition, de séquences millimétrées, d'une rythmique aussi saccadée que fuyante. On nous apprend alors que Double Sextet peu être joué de deux manières. Soit les deux sextuors se font face, soit on en utilise qu'un seul qui a en vis à vis "l'enregistrement d'eux mêmes". Quoi qu'il en soit, chaque instrument répond et se confond avec son double. Une fois de plus il met en évidence son concept de "musique de phase" ou "phasing" où les rythmes et les pulsations ont une importance capitale. D'ailleurs, la musique de Steve Reich, depuis de nombreuse années, n'est plus tournée que vers cela, d'où cette impression que le compositeur américain a un peu trop tendance à se répéter. En même temps, on voit difficilement autre que lui créer de telles pièces. Que ce soit pour des orchestres ressérés, comme ici, ou pour des opéras comme The Cave ou Three Tales, Reich applique systématiquement le concept qu'il a lui même créé et que tout le monde a reconnu comme l'une des avancée majeures de la musique du XXè siècle.

On ne sera donc pas trop surpris non plus par 2x5, sans doute plus répétitif et moins dilué que Double Sextet, dans lequel seul les instruments changent mais pas la manière de jouer. En effet, pour 2x5 deux ensembles se font face mais ici c'est orchestre qui sort de l'instrumentation classique et qui laisse l'interprétation aux guitares électriques, basses, batteries et pianos. Deux fois cinq instruments donc (il faut noter que dans chaque ensemble on trouve deux guitares électriques). Comme pour Double Sextet soit on utilise dix musiciens soit on se tourne vers la solution d'un ensemble de cinq musiciens accompagné d'un enregistrement, comme ce fut le cas pour Bang On A Can, formation hautement réputée. Même si on reconnait assez facilement les marottes du new-yorkais, on ne cesse d'être admiratif par la solidité de la chose. Une création de Steve Reich restera une création de Steve Reich. Celui-ci affine à chacune de ses oeuvres, le concept créé il y a de cela plus de trente ans. Il propose des variantes et évite la lassitude en évitant de submerger l'auditeur par de trop nombreuses pièces. C'est peut-être pour cela que Reich est salué à chaque sortie d'un nouvel album. De fait, il ne peut y avoir de complaisance à son sujet. Il y a seulement un juste retour sur une musique toujours aussi exigeante que belle.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 20-10-2010

A voir également :

http://www.myspace.com/stevereichmusic

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