.:.Chronique.:.

Pochette

Caribou

Swim

[City Slang::2010]

|01 Odessa|02 Sun|03 Kaili|04 Found Out |05 Bowls|06 Leave House|07 Hannibal|08 Lalibela|09 Jamelia|

Dans nos têtes résonne encore le tubesque Odessa, ce single joué déjà plusieurs fois en boucle sur nos Ipods n'est autre que la première piste du mirifique Swim. Album de nuit autant que de jour, de fêtes insolites autant que de solitude éprise de nostalgie, de rêves éveillés autant que d'incessants mouvements d'épaules et de hanches, ce troisième album de Caribou s'est imposé comme l'un des albums phares de cette année 2010. Définitivement propulsé dans nos discothèques idéales.

Comportant pas moins de 9 chansons aux titres ne dépassant pas les 3 syllabes à l'instar de Sun, Kaili ou Odessa, Swim se compose en diverses excursions décalées qui se laissent apprivoiser non sans difficultés. La bête à cornes, conduit d'une main de maître par Dan Snaith, anciennement connu sous le nom de Manitoba, a tracé sa route après s'être arrêté au passage par The Milk of Human Kidness (2005) et Andorra (2007). 3 mois d'hibernation lui ont ainsi suffi pour s'aventurer hors des compositions loufoques dans le style d'Animal Collective, sans abandonner le bidouillage instrumental barré qui lui conférait son apanage enchanteur.

S'il vient du froid – du Canada plus précisément – , Dan, accompagné en live par ses trois larrons en plein trip psychédélique, fantasme par ailleurs sur les paysages ensoleillés, à l'image de Sun où il voue un culte pour . Nappes de synthétiseurs embrassants une cadence House, séances de surf sur des vagues sonores à remous. Tout le contraire de la froideur groovy d'Odessa qui ressemble moins à une expédition dangereuse dans un bois sombre et inquiétant qu'une marche à travers une forêt sauvagement inoffensive, laquelle flirte avec l'univers de Pantha du Prince. En fait, l'art de Caribou repose sur ces ruptures absurdes dont on se familiarise au fur et à mesure des écoutes de Swim.

Ces cassures se délivrent autant à travers une même séquence, lorsque les percussions prennent à contre-pied les effusions de synthétiseurs qu'entre différents pans d'un même morceau. Bowls nous fait ainsi prendre un long chemin sinueux qui prend sa sortie sur une mélodie furieusement dansante. L'exotisme de Leave House, tintements de cloches et flutes enchantées nous amène jusqu'à la mélancolie partagée par quelques tirades diaphanes. Et, c'est là que nous sommes pris en otage, grisés par les doux songes de Dan. Hannibal s'enchaine passionnément avec la miraculé Lalibela et surtout Jamelia, structurées sans aucune progression, entre accalmie du couplet et refrain franchement épique.

note : 9

par Baptiste, chronique publiée le 19-10-2010

A voir également :

http://www.myspace.com/cariboumanitoba

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Fabien : avis du rédacteur

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