.:.Chronique.:.

Pochette

Serph

Vent

[Noble::2010]

|01 March|02 Pen On Stapler|03 Feather|04 Sleepwalking|05 Mint|06 Azul|07 Silencio|08 Flatland|09 Snow|10 Iceyedit|11 Vent|12 Planet|

Si on ne sait pas grand chose de Serph c'est peut-être que le japonais qui se cache derrière ce pseudo se dit que sa musique devrait suffire d'elle même et qu'il se doit de s'effacer devant ce qu'il estime être l'essentiel. C'est tout à fait louable, suffisamment rare pour qu'on le souligne, surtout à une époque où n'importe qui étale sa vie privée sur n'importe quel réseau social. Une humilité toute nippone en somme et on en sera pas vraiment surpris. Vent, deuxième album à l'actif de Serph, propose un savant dosage entre électronica, pop et jazz, une musique essentiellement instrumentale, organique, fourmillant de détails, très sentimentale et a, par moments, des côtés un peu naïfs ou gentillets. Qu'on ne se méprenne pas, Vent n'est pas une décoration sonore, une musique d'ascenceur que l'on met en fonds pour meubler pendant une réception qui fouette l'ennui. Non, le propos de Serph est plus intelligent, plus fouillé et s'organise autour de textures qui sont tout autant claires et complexes. En effet, l'effort mélodique n'est jamais linéaire et nous n'avons jamais affaire avec un Serph qui se reposerait tranquillement sur ses lauriers et qui se contenterait de répéter sans génie le même morceau.

Serph, sans être dans un cadre expérimental inabordable, évolue sereinement, avec une belle sensibilité et une souplesse qui attendrit l'écoute. A l'évidence le japonais n'invente rien, récupère des possibilités techniques et artistiques que l'on connait déjà ailleurs. Comme beaucoup de ses contemporains Serph n'est pas un innovateur, et sans doute qu'il ne souhaite pas l'être, et se concentre donc sur la beauté formelle de sa musique. Vent rempli son office, sans trop se forcer. Les morceaux ont ce côté minutieux et quelque peu précieux qui n'enlève en rien à ce qu'ils nous apporte. L'écoute est certes facile et cette musique nous pénètre sans difficulté. C'est peut-être cela l'easy listening moderne après tout mais, contrairement à son aînée qui est apparue dans les années 50, elle est certainement moins kitsch et certainement plus attendrissante. En tout état de cause, pour un deuxième album, Serph possède déjà une belle maitrise autant instrumentale (rappelons que Vent intègre autant des traitements électroniques que des instruments classiques) que mélodique. Du beau travail, mais on attend que le bonhomme passe un palier supplémentaire.

note : 7

par Fabien, chronique publiée le 26-09-2010

A voir également :

http://www.myspace.com/serphinjapan

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