.:.Chronique.:.

Pochette

Flying Lotus

Cosmogramma

[Warp::2010]

|01 Clock Catcher|02 Pickled !|03 Nose Art|04 Intro / A Cosmic Drama|05 Zodiac Shit|06 Computer Face / Pure Being|07 ...And The World Laughs With You (feat. Thom Yorke)|08 Arkestry|09 MmmHmm (feat. Thundercat)|10 Do The Astral Plane|11 Satelllliiiiiiteee|12 German Waircut|13 Recoiled|14 Dance On The Pseudo Nymph|15 Drips / Auntie's Harp|16 Table Tennis (feat. Laurie Darlington)|17 Galaxy In Janaki|

Steven Ellison est-il un escroc ? C'est la question que l'on pourrait se poser en écoutant le troisième album de Flying Lotus. Ou comment le bonhomme a réussi à embobinner son monde en l'espace de deux albums (1983 et Los Angeles) pour finir par mettre tout le monde à genoux avec le très conceptuel Cosmogramma ? C'est terrible car tout le monde encense Ellison jusqu'à la complaisance la plus veule. Il y a surement un peu d'exagération autour du personnage, une tentative de créer un mythe mais ce qui est certain c'est qu'il est en train de construire quelque chose pas très banal. Cependant, avant de partir dans trop de superlatifs, il serait bon de relativiser. Il faut d'abord dire que Steven Ellison a de qui tenir car si sa grand-mère a écrit des chansons pour la Motown, il a aussi pour tante Alice Coltrane dont l'avant-gardisme jazz n'est un secret pour personne. Cette influence, même si elle est inconsciente, se retrouve dans Cosmogramma, un disque aux racines soul et jazz qui est renforcé par les présences de Ravi Coltrane, la harpiste Rebekah Raff, Stephen 'Thundercat' Brune, Thom Yorke (ce qui n'est pas un hasard puisque Ellison avait réalisé quelques remixes pour Radiohead), Laura Darlington (une vieille connaissance)... A tout cela il mèle la culture hip-hop dans laquelle il a longtemps baigné. Cosmogramma apparait, comme les travaux d'Alice Coltrane, comme un album avant-gardiste, une approche musicale qui concentre plusieurs cultures (jazz-soul-électronique-hip-hop) et qui évite la répétition de genre pour proposer une vision large et à mille lieux de tout recyclage.

Alors où est l'arnaque ? Il n'y en a sans doute pas. Cosmogramma est un disque conceptuel qui n'oublie pas d'être écoutable, inventif et remarquablement construit. Il n'est pas une tentative maladroite, une idée lancée à la va vite mais bien un album abouti, réfléchi jusque dans les moindre détails. Steven Ellison ne nous prend pas en traître ni ne cherche à nous embrouiller. L'ensemble n'est sans doute pas assimilable du premier coup. Il faut plusieurs écoutes pour que se révèle à nous toute la teneur de ce disque riche en sonorité et dont les reliefs peuvent parfois donner le vertige. On de Flying Lotus qu'avec Cosmogramma il construit la musique du futur. C'est bien possible. On verra si d'autres sauront relever le défi imposé par Ellison. Soit la sauce prendra tout de suite et beaucoup s'engouffreront dans la brêche soit l'influence de Cosmogramma sera plus diffuse et s'étalera sur plusieurs années. Quoiqu'il en soit Cosmogramma est rentré dans la légende, la pièce maitresse qui impose défintivement Flying Lotus. La pression est désormais sur ses épaules. Après tout il peut très bien s'en détacher et désacraliser les remous provoqués par ce disque. Nous ferions bien d'en faire autant. Même si le plaisir est énorme quand on l'écoute sur le moment, c'est bien dans quelques années que nous mesurerons toute la portée de ces dix-septs morceaux dévorants.

note : 9

par Fabien, chronique publiée le 24-09-2010

A voir également :

http://www.myspace.com/flyinglotus

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