.:.Chronique.:.

Pochette

PVT

Church With No Magic

[Warp::2010]

|01 Community|02 Light Up Bright Fires|03 Church With No Magic|04 Crimson Swan|05 Window|06 The Quick Mile|07 Waves And Radiation|08 Circle Of Friends|09 Timeless|10 Only The Wind Can Hear You|

Parce qu'ils n'avaient pas envie de s'engager dans une possible procédure de justice avec un autre groupe (américain celui-là), Pivot est devenu PVT. Changement de nom mais aussi d'habitat puisque, désormais, le groupe est basé à Londres. Mais le plus important est tout de même cette nouvelle direction musicale qui ne fait pas que des heureux. Car là où Pivot avait fait l'unanimité avec O Soundtrack My Heart, PVT provoque déjà quelques inimitiés avec Church With No Magic. Pourtant, ce nouveau départ est sans doute ce qui a pu arriver de mieux au groupe australien. C'est comme une seconde vie, une mue qui ne dit pas son nom mais qui revigore le groupe d'une manière insoupçonnée. Mais, on l'a vu, une certaine incompréhension prend forme et on commence par leur jeter quelques menus cailloux. Et pourquoi donc ? PVT ne serait-il plus assez hype et ne sonnerait-il pas de la manière adéquate à certaines oreilles ? Certes non, le malaise est sans doute un peu plus profond ou alors c'est une réelle incompréhension dont est victime Church With No Magic. Pourtant, ce disque a vraiment des choses intéressantes à proposer. Un album ambitieux qui, au risque de se fermer quelques portes, fait passer PVT dans une autre dimension. Au moins, on arrêtera sans doute de les comparer à Battles.

Plus sombre qu'à l'accoutumé, avec même un clin d'oeil à Alan Vega sur le morceau Church With No Magic, PVT prend aussi un peu plus d'altitude avec une musique fantasmagorique et dont les influences ne sont pas brandies comme des étendards. C'est là qu'on se rend compte que PVT est avant tout un groupe pop. Mais leur pop est hybride, tortueuse, alambiquée, une tentative d'éloignement des lieux communs dévolus au genre. Pour autant, le trio ne pousse pas vers les extrêmes mais préfère se réfugier dans le souci du détail et d'une new wave froide que n'aurait peut être pas renié le Robert Görl de Night Full Of Tension. Cependant, Church With No Magic est certainement un peu plus que ce parallèle germanophile. Entre Vega et Görl nous voilà bien cerné. PVT aurait pu rester sur cette idée pas forcément idiote mais son expérimentation pop (parce que cela en est, à l'évidence) est plus élargie et habitée par une aura presque mystique qui transporte ce disque au delà de la simple relecture new wave. PVT, vient de passer un stade, c'est certain et on ne les regarde désormais plus avec ce regard curieux mais qui laisse deviner qu'on ne donnait pas cher de leur peau. De toute façon, chacun devrait le savoir, signer sur Warp, ce n'est pas pour faire de la figuration.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 16-09-2010

A voir également :

http://www.myspace.com/pvt

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