.:.Chronique.:.

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Various Artists

An Anthology Of Noise & Electronic Music / Sixth A-Chronology

[Sub Rosa::2010]

La musique électronique expérimentale est peut-être réservée ou écoutée par un nombre réduit de personnes mais sa production est on ne peut plus vaste. Depuis ses débuts et les tatonnements des années d'avant-guerre jusqu'à aujourd'hui la musique a pris des formes diverses et variées. Il est difficile de croire qu'on puisse en faire le tour en quelques instants. Dès lors, vouloir en faire une anthologie est de l'ordre de l'impossible. C'est peut-être pour cela que le label Sub Rosa ne s'est borné qu'à l'incarnation noise et expérimentale de la chose. Et même dans ces deux registres là la masse des productions est pour le moins énorme. En tout état de cause la série initiée par Sub Rosa en est arrivée à son sixième volume et on ne sait pas vraiment où elle s'arrêtera. On ne pourra guère s'en plaindre tant le label a su exhumé des trésors cachés, des oubliés de l'histoire tout en les faisant cotoyer aux grands maîtres du genre quelles que soient leurs origines. En effet qui se souvient d'Henry Cowell, Dick Raaymakers, Else Marie Pade ? Ou encore qui peut bien connaître Manuel Rocha Iturbide, Joseph Nechvatal ou Julie Rousse ? Et tout ce monde semblant sortir d'on ne sait où voit marcher à côté de lui des Ze'v, Cristian Vogel, Sachico M, Tetsuo Furudate, John Duncan, Stephen O'Malley, Daniel Menche...

Incroyable de bout en bout ce sixième volume, à forte tendance noise, démontre jusqu'où on peut repousser les frontières de l'imaginaire sonore. Car c'est bien de cela dont il s'agit. La musique électronique, plus que tout autre genre, a toujours été ce vecteur d'une liberté d'action qui, même si elle est parfois difficile à suivre, ne se retranche pas derrière de faux semblant. De fait, elle se veut immédiate et stimule profondément l'intellect jusqu'à remettre en cause les cadres les plus élémentaire de la perception musicale. Autant ce nouveau volume, comme les précédents d'ailleurs, est à prendre comme un document inestimable, une porte ouverte sur une initiation à l'improbable sonore, autant il met en avant des artistes qui se sont toujours refusés à l'inertie. Cette anthologie, dont on ne voit pas encore la fin, est, pour le moins, essentielle et se doit de figurer dans toute discothèque idéal, ne serait que pour le Fulmination de Daniel Menche et le Flesh Barbie Techno Fuck de Julie Rousse.

note : 9

par Fabien, chronique publiée le 13-09-2010

A voir également :

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