.:.Chronique.:.

Pochette

Gibson, Laura & Rose, Ethan

Bridge Carols

[Baskaru::2010]

|01 Introduction|02 Old Waters|03 Younger|04 Leaving, Believing|05 Sun|06 Boreas Borealis|07 Glocken|08 O Frailty|09 Tall Grass, Dark Star|

Drôle de rencontre. Une rencontre entre la chanteuse folk Laura Gibson et Ethan Rose, explorateur des espaces électroniques. Rien ne les prédisposaient spécialement à travailler ensemble tant leurs univers musicaux respectif sont éloignés. Cependant, les deux artistes devaient se connaître puisqu'ils sont tous deux originaires de Portland. On peut imaginer ce que l'on veut sur leur rencontre, sur leur décision de mener à bien ce projet mais les faits sont là. Bridge Carols se tient entre nos mains et laisse apparaître, en pochette, une image bucolique où nos acolytes, plantés béatement au beau mileu d'une nature verdoyante, semblent écouter, au moyen d'un magnétophone daté, leur propre musique. L'ambiance de ce disque est un peu celle-ci. Un chant qui s'abandonne doucement, fragile, délicat et qui est enveloppé par une musique rêveuse, tintinabulante, sortant du royaume des songes. Cette musique, construite autour de légères textures électroniques, des cordes, pianos et cloches, a été imaginé par Ethan Rose à partir de vers non utilisés par Laura Gibson. Des bribes de mots, des phrases mystérieuses qui prennent enfin corps ici dans un contexte musical que la jeune femme n'aurait peut-être pas imaginé ainsi.

Bridge Carols est ainsi fait, éthéré, avec cette impression de n'avoir aucune prise sur la réalité ou sur le temps. C'est sans doute mieux ainsi. On s'égare peu à peu avec une résistance quasi nulle. Mais, d'ailleurs, pourquoi résister ? Dans le cas présent, c'est une chose tout à fait futile. De plus, il est tout fait agréable de voir évoluer Laura Gibson dans un tout autre registre qui est le sien habituellement. Ses deux albums précédents (Beast Of Seasons et If You Come To Greet Me) l'avaient presque définitivement placé dans le monde, désormais saturé, de la folk moderne, en oubliant que la jeune femme pouvait, à tout moment, bifurquer. La première occasion aura donc été la bonne et Bridge Carols, album vaporeux et délicieusement pastoral, sonne, pour elle, comme une bénédiction en lui offrant des possibilités que d'autres n'auront peut-être jamais. Pastoral...revenons sur ce mot. C'est, en tout cas, comme de l'electronic-pastoral music qu'est présenté Bridge Carols. Comme c'est plutôt bien trouvé, on s'y habituera. L'électronique se lie donc à la nature. Ce n'est pas la première fois mais la forme emprunté par Laura Gibson et Ethan Rose à quelque chose d'unique. C'est sans doute la première fois que l'on appose comme cela une voix avec autant de réussite. L'expérience est concluente. Puisse t'elle faire des émules.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 05-09-2010

A voir également :

http://www.bridgecarols.com/

?>