.:.Chronique.:.

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Zeitkratzer

[Old School] : James Tenney

[Zeitkratzer Records::2010]

|01 Critical Band|02 Harmonium #2|03 Koan : Having Never Written A Note For Percussion|

Sorti simultanément que le John Cage, ce disque est le second de la série [Old School] et a pour compositeur central James Tenney. Là encore ce sont trois pièces qui sont reprises ici. La première, Critical Band, est considéré comme l'un des grands classiques de James Tenney. Comme pour John Cage, Tenney fait parti du quotidien de Zeitkratzer et Critical Band est parfaitement connu de la formation. Par contre pour Harmonium #2, il s'agit là d'une première approche. Si le premier morceau est un exemple de clarté, le second est un peu entre les deux, entre lumière et obscurité. Le dernier, Koan..., est lui dans une vraie optique de noirceur. Le schéma de ce disque est donc simple. On passe progressivement d'une musique immaculée à une autre, plus sourde, plus opaque comme pour bien signifier que l'oeuvre de James Tenney possède cette ambiguité qui la rend si attirante et qu'elle sait se mettre en opposition pour éviter d'être trop statique. Et pourtant, quelle que soit la forme que prend la musique de James Tenney, du moins dans l'interprétation de Zeitkratzer, on se rend compte que la staticité est quelque chose de très présent. Cela est surtout vrai dans les deux premières pièces. Pour Koan... l'univers sonore est plus mouvant, bien que, même si le morceau monte crescendo ce n'est qu'en terme de volume. Le corps même de Koan... ne change finalement que très peu.

Le but, donc, avec James Tenney n'est pas dans des formes abstraites contradictoires, complexes et déroutantes. On préfère ici les espaces étendus, réagissant à l'éternité du temps, refusant tout ce qui pourrait imprimer un rythme trop soutenue ou trop immédiat. Cela ne veut pas dire pour autant que la musique jouée par Zeitkratzer soit totalement vide et dépourvue d'intérêt. Bien au contraire, cette impression d'étirement est un leurre qui cache de nombreuses subtilités instrumentales qui ne peuvent être décelées qu'en opérant une immersion complète dans cette mer sonore pour le moins hypnotique. Cet enregistrement (live, comme le précédent) toute la nécessité de cette série qui remet en lumière une musique d'avant-garde qui n'est que trop peu défendue. Nous attendons donc la suite avec un intérêt accru sachant que les deux prochains volumes tourneront autour d'Alvin Lucier et de Morton Feldman. Zeitkratzer démontre ainsi toute sa passion pour la musique contemporaine et que la formation de Reinhold Friedl n'est pas seulement qu'en entité faisant de la musique électronique expérimentale. Sa sphère d'intervention est donc nettement plus large et sa maîtrise ne fait que parler pour eux.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 31-08-2010

A voir également :

http://www.zeitkratzer.de/

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