.:.Chronique.:.

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Passarella Death Squad

s/t

[The Republic Of Desire::2010]

|01 Painted Yellow, Painted Black|02 How Nice It Is|03 Girls Of Sofia|04 Heatwave|05 Those Are Sirens|06 Andrea|07 Ima|08 The Fascination Of Fire|09 This Is For You|10 Blackout|

La mode et la musique sont depuis longtemps associés. Une association qui est souvent perçue comme arty et parfois méprisé car considérée comme branchouille, réservée à une élite friquée ou des people arrivistes. Il y a peut-être un fonds de vérité mais ce n'est pas toujours vrai. C'est peut-être le côté superficiel de la chose, le fait qu'elle s'éloigne de l'individu lambda qui ne voit cela que de très loin. Cela suscite fatalement, jalousie, mépris, incompréhension. Pourtant il peut arriver que la combinaison des deux arts puisse déboucher sur une marque de fabrique tout à fait intéressante. C'est le cas de Passarella Death Squad qui, d'un côté est une ligne londonienne de vêtements et, de l'autre, un groupe électro-pop-cold composé d'Emilie Albisser, Danny Broddle et Kingsley Gratrick. L'image de l'un ne va pas sans l'autre. Musicalement, le groupe est influencé par Cocteau Twins, le Velvet Underground, PJ Harvey, PIL, Siouxsie & The Banshees, New Order... Le but de Passarella Death Squad n'est pas de faire un patchwork de tout cela. Les morceaux qu'ils ont réalisés sont, cependant, tous formés sous le même moule. En effet, ce premier album est comme une ligne droite, hantée par la voix grave et fantomatique de la grande prétresse Emilie Albisser. Cette voix, semblant sortir d'outre tombe, est accompagnée par une musique électronique qui rassure tout autant. Sombre est bien le qualificatif qui va avec ce disque.

Hormis cette ambiance caverneuse, Passarella Death Squad mise sur une musique souvent répétitive, dépouillée, marquée par une sorte de tribalisme raisonné et cultuel qui ne laisse aucune place à la fantaisie et aux débordements. Une musique dogmatique, en somme, mais qui, à force de la cotoyer, envoute de plus en plus. Car oui, même si le chant d'Emilie Albisser ne varie pas d'un iota et que les morceaux sont construits sur un minimalisme confondant on se laisse abuser par la noirceur de l'ensemble. On imagine alors mal que tout cela puisse aller avec une marque de vêtements pour le moins fashion. Ce n'est pas notre affaire après tout. Ce qui nous importe c'est bien ce disque qui rappelle les grandes heures de la musique cold des années 80. C'est suffisant, en tout cas, pour convaincre honorablement. Passarella Death Squad ne doit pas être pris à la légère ou comme un groupe arty à la petite semaine. Les compositions du trio dégagent une réelle force enchanteresse qu'on aurait eu du mal à concevoir au départ. Là dessus on pourrait bien remettre ses noirs habits et redonner de l'intérêt à ce genre d'électronica aride mais moins pauvre qu'on ne le croit.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 04-08-2010

A voir également :

http://www.myspace.com/passarelladeathsquad

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