.:.Chronique.:.

Pochette

Nilsen, BJ

The Invisible City

[Touch::2010]

|01 Gravity Station|02 Phase And Amplitude|03 Scienta|04 Virtual Resistance|05 Meter Reading|06 Into Its Coloured Rays|07 Gradient|08 The Invisible City|

Malgré son jeune âge (35 ans), BJ Nilsen fait déjà office de vétéran. Il faut dire que son premier disque, il l'a sorti alors qu'il n'avait que 15 ans sous le nom de Morthound. Vingt ans plus tard et après avoir pris quelques pseudos supplémentaires (Hazard, Tape Decay), le bonhomme est plus que jamais présent que ce soit seul ou en collaboration (notamment avec Z'ev, Stilluppsteypa, Fennesz, Philip Jeck...). Figure marquante des musiques expérimentales, ambiant et tout ce qui touche aux drones, BJ Nilsen a toujours été en pointe et il le prouve une fois de plus avec ce nouvel opus. Largement axé sur le field recordings, de quelques discrets instruments (guitare, organe, subharchord) et épaulé par le violon de Hildur Ingveldard Gudnadottir, BJ Nilsen s'approprie le terrain urbain pour en faire une échappée nocturne qui se tiendrait sur différents lieux du globe. En effet, notre homme, hormis la Suède d'où il est originaire, s'est déplacé en Islande, Norvège, Grande Bretagne, Japon, Portugal et en Allemagne pour récolter les sonorités nécessaires à l'élaboration de The Invisible City. Des sons qui proviennent donc d'endroits très différents pour créer cette cité invisible, une cité de l'imaginaire, utopique faites d'ombres et de lumières artificielles.

Bien entendu, l'exploration menée par BJ Nilsen est faites de multiples subtilités qui dépassent le cadre même de l'ambiant ou du développement ultra rabaché de drones. Ici, BJ Nilsen diversifie son propos en détaillant sa musique, multipliant les détails pour rendre ses créations multiformes et éloignées de toute propreté sonore. Mais il y a des limites. Nilsen ne cherche aucunement à être inaudible et se réfugier dans un nihilisme noise peu constructif. Au contraire, en fouillant dans les profondeurs de l'urbanité, le suédois a parfaitement intégré toute la diversité d'une cité qui ne finit pas de dévoiler tous ses mystères. Pas vraiment ambient, pas vraiment noise, The Invisible City se situe entre les deux laissant entrevoir des mélodies sinueuses, quelque peu abstraites mais qui ne sont pas repliées sur elles mêmes. Que les morceaux soient longs ou courts il y a toujours cette volonté de casser le mythe d'une musique trop froide, trop inerte. Certes, The Invisible City n'a rien de chaleureux mais il est certainement un tournant et une pièce non négligeable dans la discographie solo de BJ Nilsen.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 02-08-2010

A voir également :

http://www.myspace.com/bjnilsen

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