.:.Chronique.:.

Pochette

Rome Buyce Night

Ann Arbor

[Zéro Egal Petit Intérieur::2010]

|01 The Red Diag|02 The Unit Scale Of Rock|03 The Foam Theater|04 The Multiple Scale(s) Of Rock|05 Deux Millions Et Demi De Secondes|06 Ann Arbor|

Un cliché vieux comme le rock veut que quand on écrit sur la musique, qui plus est quand celle-ci se veut moderne, c'est qu'on est soi même un musicien râté ou frustré. Comme tout cliché qui se respecte cela part d'un à priori pas toujours fondé. La chose est sans doute possible. En ce qui me concerne je n'ai jamais cherché à être un musicien accompli. Par conséquent je ne me sens guère visé par cet adage. Comment pourrait-il en être autrement pour Jérôme Orsini et Guillaume Collet qui officient chez notre estimable confrère dMute et qui appartiennent au trop méconnu Rome Buyce Night qui sort cette année son, déjà, septième album. Ils ne sont pas des exceptions. On peut également citer allégrement des David Toop et des Olivier Lamm qui évoluent des deux côtés de la barrière avec un talent reconnu. Quoi qu'il en soit les idées reçues ont la vie dure et heureusement qu'elles sont régulièrement démenties.

Parce que oui on peut écrire sur le rock et faire de la bonne musique. Il n'y a aucun problème à cela et il est inutile de crier à la trahison. Ecouter un disque comme Ann Arbor ne peut que convaincre. Et, si on s'en donne la peine, on peut se goinfrer tous les disques de Rome Buyce Night afin que tous les doutes s'estompent. Pour le moment, celui qui nous intéresse est bien Ann Arbor, excellent successeur à la doublette Matricule / Micro Sainte parue l'année dernière. Souvent catalogué comme une formation post-rock, Rome Buyce Night brouille ici les pistes. En fait nous ne sommes plus sur de rien. Utilisant un son brut et immédiat, le groupe nous fait partager une vision de la musique nettement plus large que ce que le prisme du post-rock pouvait bien présenter. Rock, post-rock, math-rock, krautrock, Rome Buyce Night se refuse à être les deux pieds dans le même sabot et abolit les limites en mettant en place des compositions qui peuvent être aussi brutales que spatiales. Il n'est pas question au quatuor de manger à tous les rateliers mais, tout en restant homogènes, il s'agissait de s'ouvrir un maximum de possibilités. Un dur challenge qui, mine de rien, a été rempli au-delà de toutes espérances. On ne déplore ici aucune défaillances, aucune fautes de goût, évitant toute forme de politesse pour nous emmener par delà le mur des bienséances et du convenable. Rome Buyce Night produit un travail sonique purement jouissif qui prend aux tripes mais pas seulement. Ann Arbor est aussi un album qui oxygène le cerveau. Réussir à allier tout cela est une vrai performance. Elle est à mettre au crédit de Rome Buyce Night et à personne d'autre.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 31-07-2010

A voir également :

http://www.myspace.com/romebuycenight

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