.:.Chronique.:.

Pochette

Sister Overdrive

Annick / Philomela

[Low Impedance::2009]

|01 Annick 1|02 Annick 2|03 Annick 3|04 Annick 4|05 Annick 5|06 Philomela 1|07 Philomela 2|08 Philomela 3|09 Philomela 4|10 Philomela 5|

Divisé en deux parties bien distinctes, Annick/Philomela a été composé dans des contextes différents. Si les cinq pièces de Annick semblent être des compositions faites pour le propre compte de Sister Overdrive, les cinq autres de Philomela sont des oeuvres de commande pour la pièce de théatre Ovid's Metamorphosis VI qui a été joué au Théatre Argo en 2006. Si Giannis Kotsonis a pu les concilier c'est que les deux ensembles avaient suffisament de points communs pour qu'ils puissent figurer sur le même disque. Deux pièces distinctes donc, mais dont le processus de création et la couleur sonore ont de nombreux points communs. Annick est un ensemble de morceaux ambiants, atmosphériques où les drones, les étirements et les ponctuations noisy ont toute leur place. Annick ne propose pas fatalement une musique qui soit complètement immergée. Bien au contraire, elle s'ouvre et s'épanouit au gré de son évolution. Bien entendu, nous ne sommes pas ici en pleine lumière. Il reste de nombreuses zones d'obscurité où Giannis Kotsonis semble se mouvoir avec familarité. Très proche des musiques expérimentales et électro-acoustique, cette première partie étoffée reste dans les normes habituellement attribuées à ce genre si particulier. Les efforts déployés par le grec ne sont pas totalement inutiles puisque Annick apporte largement son lot de satisfaction et de plongées en eaux troubles.

Philomela se présente d'une manière un peu différente même si le spectre sonore et les ambiances utilisées semblent être les mêmes. On retrouve toujours ce côté flottant et ambiant mais les éléments noises et percussifs prennent de plus en plus de place sans, pour autant, devenir majoritaires. Une différence, ou une évolution dans le disque, que l'on pourrait qualifier de minime mais le sérieux et l'application de Sister Overdrive à sonder les profondeurs pour les ramener à la surface ne fait aucun doute et laisse l'auditeur dans une concentration méditative qu'on ne saurait perturber sans une bonne raison. Si cet album remplit tout à fait le cahier des charges on ne s'étonne pas non plus de son contenu. De toute façon, on sait que dans ce registre il est très difficile de surprendre et de présenter des formes nouvelles. Giannis Kotsonis ne joue pas pour autant la sécurité. Il va aussi loin que possible et reste très largement convaincant dans les associations de textures qu'il a conçu. En attendant une vraie révolution, dont on ne voit pas vraiment poindre le bout de son nez, Annick / Philomela est le parfait dérivatif pour les nuits trop longues.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 26-07-2010

A voir également :

Sister Overdrive myspace

?>