.:.Chronique.:.

Pochette

Arandel

In D

[Infiné::2010]

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Les apparences sont parfois trompeuses. En écoutant pour la première fois In D on aurait juré et foncé tête baissée sur le fait que ce disque soit une énième incarnation d'une musique digitale toujours en mouvement. Et qu'apprends t'on ? In D n'aurait rien d'électronique, du moins on aurait délaissé toute forme de sampling. On se serait fourvoyé, tellement sur de tenir là un nouveau disque de musique assistée par ordinateur. Et pourtant Arandel n'avait pas spécialement caché son jeu. Le fait que In D soit un album construit avec une instrumentation classique a été claironné un peu partout. Dont acte. On va tout de même survivre à cet aveu de faiblesse auditive. C'est peut-être cette production trop bien lêchée qui nous a induit en erreur. Du coup on reste un peu sceptique. L'effort de masterisation est telle qu'on peut facilement se laisser abuser. Admettons que tout cela n'a rien à voir avec le tout digital. Il demeure que In D est un disque fouillé qui laisse une large place aux évocation oniriques et spatiales. Sans être vraiment ancré dans le cérébral le plus rébarbatif, In D renvoie à Terry Riley (son album In C, le minimalisme américain), au krautrock (surtout dans sa frange la plus planante) et, comble de tout, au minimalisme électronique que l'on a recontré le plus souvent à partir des années 90.

Arandel, a donc voulu tout maîtriser, sans passer par l'aide des machines et s'est construit un album à la limite du vertigineux et qui touche du bout des doigts le sacré. En effet, comment ne pas penser cela quand Arandel produit une telle musique introspective qui tutoie une perfection que l'on imagine mal être le fait du commun des mortels. Si Arandel s'octroie quelques facilités en revenant parfois un peu sur terre (In D#7), on ne doit pas perdre de vue que, dans sa globalité In D est un album à géométrie variable et que les morceaux du lyonnais sont en perpétuel mouvement et évolution. Un disque mutant qui est magnifié par la performance vocale de Fredo Viola sur quelques titres. Mais ce n'est pas ce que l'on retiendra le plus. Arandel a produit ici une musique exigeante qui a le mérite d'être parfaitement accessible. A l'instar d'un Turzi, d'un Etienne Jaumet et de quelques autres, Arandel remet au goût du jour une musique qui ne semblait être réservée qu'à des érudits et mélomanes endurcis. Arandel prouve que l'on peut approcher Steve Reich (In D#8) sans pour autant s'adresser à une élite. Que voulez-vous de mieux ?

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 25-07-2010

A voir également :

http://www.myspace.com/arandel

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