.:.Chronique.:.

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Golden Disko Ship / Jasmina Maschina

City Splits # 1 Berlin

[Monika Enterprise::2010]

|01 Golden Disko Ship - A Cats Year|02 19th Floor Eischokey|03 You Blurry Dream|04 Chewing Young Hedgehogs|05 I'm Not|06 Wake/Sleep|07 Insane Adventure Poem|08 Jasmina Maschina - Holding Onto Day|09 Love You More And More|10 City Fever|11 Ausland (Slow Walker Version)|12 You Come & Go As You Please|13 Joyrider|

Pour ne pas avoir à se répéter trop souvent et pour se renouveler quelque peu le label allemand Monika Enterprise entame ici une nouvelle série. Après les trois premiers volumes des 4 Women No Cry la Monika team lance les City Splits. Le principe est simple : prenez deux artistes féminines (de préférence), même si elles n'ont pas trop d'atomes crochus au niveau artistique mais dont la particularité est de vivre dans la même ville. Quoi donc de plus logique pour nos voisines germaniques que de débuter cette série par Berlin étant donné que les vingt ans de la réunification viennent d'être fêtés comme il se doit. Et pour représenter Berlin, Gudrun Gut et ses camarades ont choisi Golden Disko Ship et Jasmina Maschina. Ce choix est-il judicieux quand on connait le foisonnement artistique berlinois ? Jusqu'ici, le label ne s'est que très rarement trompé (pour ne pas dire jamais). Allons-y en toute confiance.

Golden Disko Ship, donc. Sous ce pseudonyme strass/paillettes/science-fiction se cache Theresa Stroetges qui, rendez vous compte, n'est même pas native de Berlin. En soit, on s'en fout un peu car même si la jeune femme y habite que depuis 2007, elle vient de passer dans la capitale allemande trois années très riche musicalement. Nous n'allons pas rentrer dans les détails mais son indie-pop-DIY fabriquée avec son laptop et quelques guitares font souvent mouche. La presse a souvent vu en elle l'enfant bénie de D_rrradio et de Fourtet. La comparaison est plus que flatteuse et force est de constater que Stroetges a plus d'une corde à son arc. Elle nous délivre ici sept morceaux foisonnants qui sentent le bricolage mais qui arrivent à tenir debout comme par magie. Et c'est de cela dont il s'agit. Golden Disko Ship c'est tout simplement de la magie. Avec trois fois rien, elle s'est construit un univers en 3D, spontané, gracieux et fourmilliant de petits sons qui viennent rebondir contre vos tympans avec un bonheur qui nous avait échappé depuis quelques temps.

Moins dispersée et certainement plus onirique, Jasmina Maschina (Jasmine Guffond) n'est pas en reste quant à la force émotionnelle et à la délicatesse électronica-pop des morceaux qu'elle nous propose. Jasmina Maschina nous l'avions déjà rencontré avec le duo Minit puis avec The Demolition Series, un disque hors catégorie qui s'aventurait assez loin pour chatouiller au plus profond de notre réceptacle cranien. Deux ans plus tard, les choses ne changent pas vraiment pour cette australienne, néo-berlinoise depuis 2003. Toujours aussi talentueuse, les cinq morceaux, dont deux réalisés avec Theresa Stroetges (Holding Onto Day et You Come And Go As You Please), ont toujours cette beauté brumeuse et fragile. La sensibilité de Jasmina Maschina est sans doute un peu froide, voire clinique mais elle aborde la chose avec une telle délicatesse et une telle intelligence structurelle, créant, comme son alter-ego du jour, tout un environnement sonore fantasmagorique qui vous fait croire que le réel n'est peut-être pas celui qu'on croit. Une fois de plus, avec elle on ressort émerveillé et prêt à remettre en boucle des morceaux comme City Fever qui définit tellement bien ce qui l'inspire.

Ainsi, ce premier City Splits est une totale réussite. Berlin, ville inspiratrice, un mythe artistique que même le mur de la honte n'aura pas ébranlé. Aujourd'hui, je suis berlinois. Sans problèmes.

note : 9

par Fabien, chronique publiée le 18-07-2010

A voir également :

http://www.myspace.com/goldendiskoship

http://www.myspace.com/jasminemaschine

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