.:.Chronique.:.

Pochette

Fursaxa

Mycorrhizae Realm

[ATP Recordings::2010]

|01 Lunaria Exits The Blue Lodge|02 Poplar Moon|03 Celosia|04 Well Of Tuhala|05 Sunhead Bowed|06 Charlote|07 Ode To Goliards|

Fursaxa est l'incarnation depuis 1999 de l'américaine Tara Burke qui, en parallèle, a gravité autour des Acid Mothers Temple, Bardo Pond, Six Organs Of Admittance et aura fait partie de groupes plus obscurs comme Anhita, Sepviva Bells, Tau Emerald ou The Valerie Project. Autant de projets qui aident à situer Tara Burke dans cette sphère d'artistes un peu allumés, de freaks mystiques dont les élans musicaux ne s'écoutent qu'à la nuit tombée avec une concetration quasi religieuse. On pense alors à ces icônes glaciale et inaccessibles que furent les Nico, Lisa Gerrard ou, plus récemment, Fever Ray. Alors que l'on parle de psycho-folk ou de new americana, je me garderai de mettre une étiquette définitive sur le front de Fursaxa. Car si je la rapproche d'artistes comme Nico je peux toujours lui accoler des formations comme Current 93 que cela serait tout aussi justifié. Chacun fera comme il voudra. En tout cas Mycorrhizae Realm est ce genre de disque surréaliste, glacial mais tellement pénétrant tout en se dégageant des choses terrestres. Nous sommes presque dans le cadre de l'introspectif avec cette voix claire et profonde à la foix. Une voix qui est fuyante, qui parait parfois un peu absente, comme si on entendait une personne enfermée dans un état second, prisonnière d'une condition mystique qui ne tolèrerait aucune perturbation.

Avec un minimum de moyens et sans chercher la virtuosité, Fursaxa marque durablement les esprits. On se projète avec elle dans une autre dimension, comme si on ouvrait le Livre des Morts et que l'on pénétrait dans une sorte d'au-delà envahit par les brumes et de légers bruits cristallins. Bien que les septs morceaux soient marqués du même sceau, on se plait à les voir différement, comme des appels lointains provenants d'horizons divers. Mycorrhizae Realm, comme ses prédécesseurs, apparait comme un objet fantômatique mais jamais lugubre où l'ennui viendrait surclasser la musique. Bien au contraire, on se retrouve absorbé par cet univers surnaturel. Voyage aux confins d'une terre désolée, Fursaxa nous entraîne vers une sorte d'abîme fantastique qui serait une porte entre la vie et la mort. On reste subjugué, tout simplement. Le degré de justesse déployée par Tara Burke est à ce point admirable qu'on se demande qui, aujourd'hui, pourrait venir la contrarier sur ce même terrain de jeu. Sans doute personne.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 02-07-2010

A voir également :

http://www.myspace.com/tarafursaxa

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